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 Plus qu'un songe parfumé, c'est l'éternité à tes cotés ~ (Feat Aleksandr Ezequiel)

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MessageSujet: Plus qu'un songe parfumé, c'est l'éternité à tes cotés ~ (Feat Aleksandr Ezequiel)   Ven 24 Juin - 2:48



Une semaine venait de s'écouler depuis les incidents au Buckingham palace. Une longue semaine durant laquelle je m'étais laissé envahir par plusieurs choses. Mais revenons-en depuis le début. Il sera plus simple pour moi ensuite d'expliquer la situation dans laquelle je me trouve présentement. Mais n'allez pas non plus trouver ma position hilarante, elle est loin de l'être! Du moins, je doute que vous sachiez vous en sortir par vous-même si vous étiez à ma place.

Tout d'abord, lorsque nous sommes revenus, je me suis faite littéralement attaquée par Marsha et Alice, mes deux siamoises, qui de toute évidence, se faisaient un sang d'encre en compagnie de mon fils. Fils qui à son tour, m'agressa pour ne pas l'avoir prévenu de mon absence, et ne m'ayant pas vu à son retour au manoir, s'était alors inquiété en compagnie des deux femmes Arasi-myo avec force. Je n'eus pas le temps de présenter mon invité - qui avait reprit sa forme adulte en arrivant - que mon fils l'avait déjà reconnu. La constatation du fait que le monde était petit me vint à l'esprit, du moins jusqu'à ce que Gloria, aidée des siamoises, ne m'entraine dans mes appartements pour me laver et m'habiller convenablement. Je ne revis plus Aleksandr à partir de cet instant là. Je savais que Mandragore, le félin époux d'Alice lui avait montré les appartements dans lesquels il pourrait loger, mais moi-même, je m'étais jurée de ne plus le croiser. Du moins pas immédiatement. D'abord, je savais que ce que je ressentais à son égard était nouveau, et je ne désirais ni l'imposer ni me perdre moi-même.

Ensuite, il était évident qu'Alois n'apprécierait pas que je ramène un homme ainsi et lui déclare ma flamme. Non, j'avais éduqué mon fils avec les coutumes habituelle, et Aleksandr devait me faire la cours avant. Cependant, le ferait-il? Je l'ignorais, et de toute évidence, mon travail de Reine devait reprendre son cours rapidement, sans compter que j'avais une lettre à destination royale à rédiger. Le soir même, je ne diner pas dans la grande salle à manger, mais dans mon bureau, rédigeant la lettre pleine de fausses excuses à ma consœur anglaise pour les dégâts occasionnés dans ses appartements personnels. Il était bien tard lorsque tous mes devoirs royaux furent achevés, et avant de me rendre dans mes appartements, je me permis une petite ronde dans les jardins comme j'avais pour habitude de le faire. Ma longue tunique bleutée laissait de long sillon sur le sol givré. Il commençait à faire froid, l'hiver arrivait à grand pas, mais ce n'était rien comparé aux hivers de chez moi. Contournant les fontaines, je pouvais apercevoir, en levant les yeux, les vitraux éclairés des appartements de mon invité surprise. Un mince sourire se dessina sur mes lèvres alors que je rentrais me coucher, déposant au passage, un baiser sur le front de mon précieux fils.

Premier jour ~

Lorsque les premiers rayons du soleil filtrèrent à travers mes rideaux pourpres, et que la lumière vint se refléter sur le reste du mobilier comme si l'astre lui-même s'était permit d'entrer dans la pièce, je quittais les draps de soie. Épuisée par mes deux précédentes nuits, je fus plus que surprise de découvrir à mon chevet, un large bouquet parfumé, que je n'avais pas sentie jusque là malgré mon fort odorat. Agréablement surprise de cette découverte - je ne trouve pas tous les jours un aussi large bouquet de roses rouges à mon réveil - je cherchais l’expéditeur, mais il n'y avait aucun renseignement, pour autant, mon esprit désirait que celui-ci soit l'incube espagnol. Mais ma surprise fut encore plus grande, lorsque je compris qu'il y en avait plus d'une centaine : 365 pour être précise. J'ignorais à ce moment là la signification de ceci, mais ne m'en préoccupais pas plus, et emportait le bouquet dans ma salle d'eau. Et tandis que je me prélassais dans un bain brulant aux huiles parfumées, je m'embaumais à mon tour de ce parfum de roses. Comme je l'ai dis plus haut, je ne revis pas l'incube durant prés de six jours. C'est pourquoi j'entrepris de conserver mes journées telles qu'elles étaient auparavant.

Ainsi, les cours de langue d'Alois se passèrent comme d'habitude, d'abord l'écrit, avec sa grammaire et sa conjugaison, puis la prononciation. Il faisait d'énorme progrès, et n'aurait bientôt plus besoin de cours pour parler sa nouvelle langue, le finnois semblait naturel dans sa bouche. J'étais plus que ravie de voir qu'il y arrivait facilement malgré son âge avancé, cela prouvait sa volonté de devenir réellement l'héritier. Nous mangeâmes tous deux, sans que l'incube n'apparaisse une seule fois de la journée. L'après-midi fut consacrée aux jeux, et mes deux siamoises semblaient ravies qu'Alois s'occupe de leurs petits tandis qu’elles reprenaient leurs rôles de fileuses. J'avais toujours été très impressionnée par le travail fournie par les étudiantes de la classe de cristal de l'école féline. Les chats Arasi-myo qui sortait de cette classe semblaient être nés pour filer avec délicatesse, quand ceux des classes nocturnes étaient de véritables guerriers. Le soir venu, j'attelais mes servantes les plus proches d'éparpillé dans mon boudoir les roses pourpres, et une fois leur travail accompli, m'allongeais sur le matelas parfumé. Une fois enivrée, je retournais alors me coucher...

Second jour ~

Je n'eus pas besoin d'attendre les rayons du soleil pour m'éveiller cette fois-ci. Le parfum délicat des roses m'avait tiré du sommeil dés l'instant où celui qui venait les y déposer avait ouvert la fenêtre pour s'en aller. Je n'avais pas pu le voir, mais un doute s'insinuait en moi peu à peu, un doute à la fois agréable et surprenant. Un doute qui, je l’espérais, n'était pas simplement issue de mon désir propre. Me levant, j'allais me préparer pour cette nouvelle journée, les cours d'Alois s'enchainèrent avec la venue d'un messager de sa majesté la Reine Victoria, qui se confondait en excuses, bien que je pouvais parfaitement voir la colère dans ses propos, elle n'avait pas apprécié que je retourne sa plaisanterie contre elle. Soit, ce n'était plus mon problème. Faisant prendre congé le messager, je retournais à mon bureau, remplissant les nombreux formulaires que m'avaient fait parvenir ce renard et que je devais signer. M'attelant à la tache rapidement, afin de pouvoir suivre mon fils en musique, je m'occupais des Ô combien nombreux papiers administratifs qui surchargeait mon bureau en apparaissant par magie.

L'après-midi passa rapidement, Alois et moi nous attelions à faire danser la petite hindoue, Asha, en jouant des nombreux instruments disponibles au manoir. Elle-même était toujours accompagnées des enfants des siamoises, qui adoraient la suivre - probablement parce que son sari était décoré de perles mouvantes. Parfois, je me disais qu'être la Reine des lunatiques avait du bon, je pouvais faire ce que bon me semble, et je n'avais aucune crainte de devenir une Reine aigrie qui se satisfait du malheur des autres et juge sans cesse en se basant sur des critères passés. Visiblement, la colère que j'éprouvais envers Victoria était toujours présente, elle s'était permise de me rouler simplement pour tromper sa monotonie, et des innocents étaient mort pour lui faire payer. je n'aimais pas réellement cela, mais sur l'instant, c'était le seul moyen fiable de la faire souffrir et de la mettre en colère à son tour. En allant me coucher ce soir-là, je pris plus de temps encore à flâner dans le boudoir, les roses étalées tout autour de moi me semblaient dégager un parfum délicat plus proche encore de ce que je ressentais qu'auparavant. Je me sentais désirée, réellement...

Troisième jour ~


Surprise d'être autant entourée de roses, je m'éveillais dans le boudoir. Papillonnant des yeux, je finis par me rappeler mes déboires de la veille, et compris que je m'y étais endormie profondément. J'ignorais pourquoi, mais cette journée là me paraissait grisâtre. Me rendant dans ma chambre, je constatais la présence du bouquet des 365 roses, le saisissant entre mes mains, j'en humais le parfum avec un certain soulagement, comme s'il devenait ma motivation. Dispersant les roses dans le boudoir, je leur jetais ensuite un peu d'élixir d'or, afin de les conserver, et fermais la porte derrière moi avant de me rendre dans la salle d'eau. À travers les vitraux, je pouvais aisément voir un ciel presque noir, annonciateur d'orage, et malgré moi, un frisson d’inquiétude s'empara de mon cœur. Ce genre de temps n'annonçait jamais rien de bon depuis cet immonde pacte... Lorsque Alois vint me rejoindre pour le petit déjeuner, il m'apprit qu'il avait rendez-vous avec son idiot de majordome chez d'anciens camarades, et qu'il reviendrait le lendemain matin. Lui faisant promettre de faire attention, j'ordonnais - malgré la présence constante de Claude - à l'une de mes ombres de le suivre constamment et de veiller au grain.

Le reste de ma journée fut maussade, et l'orage éclata en milieu d'après-midi, alors que je faisais les comptes pour le commerce d'échanges des âmes. Nous avions bien assez d'âmes et d'articles magiques pour la prochaine soirée, je n'avais donc pas besoin d'envoyer mes chats en trouver d'autres, et sous peu, les siamoises et leur armée de fileuses auraient terminées la nouvelle tapisserie. Si mes sens n'avaient pas été émoustillés par la présence des âmes en flacons tout autour de moi, je ne l'aurais probablement pas sentit arriver. "Eh bien ma petite chatte, on s'ennuie pas trop de moi?" Sa voix, son parfum, son pouvoir, tout en lui me répugnait depuis ce jour où il m'avait agenouillée à ses pieds de force. J'avais formulée ce pacte parce que je n'avais pas le choix, mais peu à peu, ma haine grandissait avec force - lorsque mes sentiments pour l'incube grandissaient à leur tour. Rindo, cette ordure, je pouvais le reconnaitre avec toute la violence qui suintait de par son âme autour de moi. Il prit ce qu'il voulait dans une étreinte immonde, mais je n'avais pas le choix, j'avais pactisé avec lui pour sauver ma vie. Lorsqu'il partit, me laissant sur le sol de la cave, je me relevais, titubante, et traversais le manoir jusqu'au boudoir dans l'espoir que, peut-être, les roses apaiseraient ma souffrance et effacerait le dégout que j'avais pour moi-même...

Quatrième jour ~

Je n'ai pas dormis de la nuit, et je n'ai pas non plus cherché à savoir qui était l’expéditeur des roses en me cachant dans ma chambre. J'étais restée prostrée toute la nuit dans les roses, me recouvrant d'elles comme s'il s'agissait d'une protection ultime envers ce monstre démoniaque. Même ce revenant d'Eric n'avait pas été aussi monstrueux à mon égard, et j'en venais presque à le regretter. Quittant la pièce à regret, je me dépêchais d'aller dans la salle d'eau, et me baignais dans les huiles, effaçant de mon corps toutes traces du passage de Rindo sur moi. Mais même le bain ne réussit pas à apaiser mon état fébrile. L’envie de jeter tout ce qui me passait sous la main me prit, et c’est ce que je fis en retournant dans mes appartements. Vase, coupe, miroir, tout y passait, et les fracas incessants ne semblaient toujours pas adoucir mes humeurs. Me saisissant du contenu de ma table de chevet, je suspendis mon geste en constatant le bouquet des 365 roses entre mes mains.  Me laissant glisser sur le sol couvert de marbre, je serrais celui-ci entre mes bras, y laissant quelques larmes impuissantes. C’est ainsi que mon propre fils me trouva, appuyée contre le mur, les roses contre mon cœur. Il savait, mais nous n’en parlions jamais, j’avais fais cela pour rester à ses cotés, pour conserver ma vie, je ne pouvais que m’en prendre à moi-même. Il embrassa mes joues avec douceur, en me demandant de lui donner des cours de finnois, et la vie reprit son cours normal.

Le bouquet était allé rejoindre ses congénères, éparpillé sur les soieries du boudoir, et moi, vêtue de ma tunique impériale et de la coiffe, je m’étais rendue au salon où nous travaillâmes avec ardeur l’accent de mon fils.  J’oubliais avec force cet incident, comme à chaque fois que cela se produisait, et me conduisais comme avant, avec douceur, humour et tendresse. Marsha et Alice, qui étaient toutes deux parties dans les jardins pour s’occuper du verger qui souffrait de la pluie et de l’orage de la veille, nous avaient laissés leurs enfants. Ainsi, nous avons pu découvrir que Rori, le jeune fils d’Alice, trouvait toujours le chemin le plus court pour rejoindre sa mère. Et il était clair que sauter du balcon, c’était beaucoup plus rapide que de passer par les couloirs, les escaliers et la porte. Heureusement, plus de peur que de mal. Pour apaiser l’atmosphère inquiète causée par le jeune félin acrobate, Alois m’accompagna dans un duo presque lyrique, et le reste de la soirée se passa dans le calme et la douceur. J’avais effacée de mon âme les dernières traces d’agression par Rindo.

Cinquième jour ~

Cette journée là avait bien débutée. Bien que mon fils soit victime d’un lourd cauchemar de son passé, et soit venu me rejoindre dans la nuit, la matinée s’annonçait prometteuse. Le bouquet sur ma table de chevet me fit sourire, alors que je rejoignais la salle de bain en compagnie de Gloria, ma servante attitrée et voyante. Un petit déjeuner rapide et un long et fastidieux travail dans mon bureau sur les affaires du royaume me donnèrent l’envie de sortir un peu. Choisissant mon escorte, Alice et Marsha partirent avec moi, ainsi que les quatre ombres, pour Londres. Le carrosse mit les deux heures prévues, et nous arrivâmes rapidement à la capitale. Je désirais me changer les idées, et la boutique d’instruments de musique était parfaite pour cela. Je fis d’ailleurs l’acquisition de nouvelles boites à musique, deux sous forme de coffret à bijoux, et une dernière, un orgue de barbarie, reproduisant le morceau d’Edel à la perfection. Mais mes surprises ne s’achèveraient pas tout de suite.

Je fis la rencontre d’une jeune femme au don de voyance. Emiko Weiss. La pauvre souffrait cruellement d’un manque d’expérience, je pouvais le sentir de là où j’étais, et se mettait en danger. Je n’ai pas eus besoin de la convaincre de me rejoindre, lui offrant l’apprentissage dont elle avait besoin en échange d’un design nouveau pour mes soirées et mes tenues. Évidemment, je la logerais aussi, à la même enseigne qu’Asha, à qui j’avais offert ma protection. La ramenant avec nous, je lui fis découvrir le reste du personnel ainsi que mon fils, et les lieux. Nous eûmes droit à une nouvelle cascade du petit Rori, qui avait entendu sa mère et s’était jeté par la fenêtre pour la retrouver, malgré la tentative de mon propre fils pour l’en empêcher. Fait étrange, il s’était mit à neiger pendant mon absence, et seul mon manoir s’était vu assiégé par les doux flocons blancs permettant aux habitants de s’amuser pleinement. Après un bon déjeuner, je lui présentais son nouveau lieu de travail ainsi que ses appartements, conçu spécialement pour elle par mandragore et Gloria, qui semblait extatique d’avoir trouvée une élève vivante.

Ce soir là, je restais bien deux heures dans mon boudoir, humant les si nombreuses roses qui jonchaient le sol couvert lui-même de soie. Je me sentais bien, et plus le temps passait, plus mon odorat s’affinait. Je n’avais plus revu l’incube depuis son arrivée ici, mais j’étais de plus en plus certaine que les roses venaient de lui. Un sourire amusé s’était alors dessiné sur mes lèvres, je suivais les traces de ma mère, acceptant les présents sans jamais en parler, profitant de l’amour naissant qui m’ait porté sans jamais montrer le retour, attendant le moment opportun pour le faire. En allant me coucher cette fois-ci, ma robe de soie blanche sur la peau, je ne pu m’empêcher d’emporter avec moi une rose, humant son parfum toute la nuit.  

Sixième jour ~

Ce matin là, je fus incapable de bouger lorsque les rayons du soleil vinrent éclairer avec ravissement mes meubles. Sur mes draps, et parfaitement accordé à la couleur de la pièce, se trouvait le bouquet de roses le plus grand que je n’eus jamais vu. Réussissant à me redresser, je comptais encore les roses lorsqu’Alois me rejoint dans ma chambre, un sourire amusé sur les lèvres. J’avais la vague impression que ce sourire était surtout destiné à l’expéditeur de ces roses, acceptait-il qu’un homme me fasse la cour ? Probablement vu l’enjouement dont il fit preuve en m’aidant à me relever pour aller disposer les roses dans le boudoir, les arrosant lui-même d’élixir conservateur. Il y en avait eut 999 aujourd’hui. Et je fus encore plus surprise de la remarque de mon fils à ce sujet, le symbole de l’éternité avait-il dit. Il était clair à présent que ce n’était pas un humain qui m’offrait ces fleurs, et de nouveau, le désir d’avoir pour admirateur Aleksandr Ezequiel m’anima toute la journée. Le petit déjeuner se fit en compagnie de tout le monde pour une fois - sauf évidemment l’incube, qui n’était pas réapparut depuis notre retour ici. Emiko avait encore du mal à se faire à cette vie, mais il me paraissait évident que le don d’Asha pour la parole et les plaisanteries allait rapidement la mettre à l’aise, sans compter les chatons qui avaient décidé de faire d’elle leur nouvelle compagne de jeu.

L’après-midi fut ponctuée par les éclats de rires des plus jeunes tandis que Gloria essayait d’apprendre à Emiko comment repousser les esprits ennuyeux, le tout en faisant ses grimaces habituelles et dans un charabia incompréhensible. Les rires provenaient u fait que la jeune femme ne semblait rien comprendre des propos de ma voyante défunte. Mais bien vite, les cours furent suspendus, Asha et Emiko, qui étaient toutes deux sorties pour prendre un peu l’air entre deux entrainements, se firent sournoisement attaquer par une horde de chatons Arasi-myo – soit à moitié humain- armés de boules de neiges. Alois vint à son tour rapidement les rejoindre, trichant par excellence en ordonnant à son majordome de le protéger des coups tandis qu’il envoyait ses boules de neige en rafales. Moi-même, je tentais de répondre à mon régent dans un courrier formel, lui assurant de notre état de santé correcte, et de l’avancement des contrats avec la Reine Victoria. À la nuit tombée, le repas fut annoncé, et les plus jeunes se ruèrent vers la salle d’eau pour se débarbouiller. Il était vrai que je n’étais pas une reine comme les autres, je prônais l’égalité entre tous, serviteurs et nobles mangeaient à la même table, et je considérais tous mes domestiques comme membres de ma précieuse famille recomposée.

En me couchant ce soir-là, l’idée de trouver à mon chevet un nouveau bouquet de rose me fit frémir, j’avais hâte de voir enfin mon courtisant. Je n’avais presque plus aucun doute quant à son identité, mais comme cet idiot de croyant, St-Thomas, je ne croyais que ce que je voyais.  J’en voulais la preuve formelle…

Septième jour ~

Ce matin là, aucun parfum agréable ne flotta jusqu'à moi lorsque les rayons du soleil effleurèrent ma peau. Surprise, j'observais ma table de chevet, vide. Un sentiment étrange s'empara de moi alors que je me levais, le souffle plus saccadé qu'a l'ordinaire, et me rendais dans la salle d'eau par la petite porte au fond de la pièce. Comme chaque jour, je me baignais dans l'eau parfumée, mais cette-fois-ci, les huiles de roses me laissèrent une impression de cendre en bouche. Je finis par comprendre que c'était la frustration de n'avoir rien reçu aujourd'hui qui envahissait mes veines tel un poison mortel. En m'immergeant sous l'eau, je tentais de me souvenir de ce que m'avais conté ma mère lorsque j'étais encore jeune. Que s'était-il passé lorsque les présents avaient cessés d'affluer jusqu'à sa cabane? Rien. Ils n'avaient jamais réellement cessés, un matin, le carrosse royal s'était arrêté devant sa cabane, et mon père, devenu roi, était descendu, lui demandant sa main. Je ressortis de l'eau, me séchant et l'on apporta le long kimono de soie que je portais pour me rendre au boudoir.

Mes pieds pâles effleurèrent les roses étendues sur le sol, alors que j'avançais lentement entre celles-ci, me rendant jusqu'à ma garde robe. Gloria me suivit, flottant au dessus du sol, elle survola les roses sans même les voir, et m'aida à m'habiller. Elle me fit enfiler une large robe blanche à corset. Je ne l'avais jamais vue de toute ma vie, et une rangée de dentelle ornait ses pans, que ce soit sur le bas de la robe, sur le col, ou sur les manches qui collaient mes poignets. Je crus qu'elle avait une idée un peu trop folle en tête, puisqu’elle revenait avec trois autres pans de tissus, un beige et duveteux, et l'autre doré. Je clignais des yeux, me laissant faire, y aurait-il un émissaire dans la journée et Gloria avait oubliée de me prévenir par l'une de ses nombreuses prédictions incompréhensible? Ou bien était-ce...? Oui, ce sont les dernières créations des siamoises, je comprends mieux, c'est l'essayage final. En le portant aujourd'hui, je démontrerais que leur travaux est parfait, et qu'elles peuvent travailler sur autre chose, comme par exemple les quelques croquis tout neuf d'Emiko.

Gloria s'appliqua de nouveau sur moi, me faisant enfiler une seconde robe, dorée cette fois-ci, avec de large broderies sur le tissus, ressemblant à des arabesques et des feuilles d'or. Les manches étaient plus courtes que celle de la première, et évasée au niveau des coudes, je trouvais cela joli, mais très étrange. Et enfin, elle me fit mettre la dernière, et je découvris que ce n'était pas n'importe quel tissus, mais du duvet. C'était extrêmement doux, et semblait renvoyer les éclats du soleil par moment. En revanche, la coupe était très différente, à l'avant, la robe s’arrêtait au niveau de mon ventre, en pointe inversée, et le reste devenait très long dans mon dos. Les manches étaient gonflées sur les épaules, et s'y arrêtaient, ne laissant qu'un mince décolleté suggestif. Je crus que c'était terminé, jusqu'à ce que je vois ma voyante avec un corset argenté, et je sus que ma journée risquait d'être suffocante. Ensuite, elle tressa des rubans, des fibres d'or, et des roses dans mes longs cheveux d'argents, avant d'en faire un chignon fleurit, et de laisser quelques mèches glisser le long de ma nuque et sur mes épaules. Mes oreilles félines étaient à découvert, et elle y accrocha les longues boucles d'oreilles aux initiales de mon pays. Je restais pieds nus cependant, lorsque je quittais le boudoir et me rendais dans les longs couloirs du manoir.

Je n'avais pas faim, la frustration de ne pas avoir reçu de bouquet, ni même entraperçu l’expéditeur de ceux-ci - je priais plus que tout pour que ce soit bel et bien Aleksandr - me laissait un sentiment d'amertume. Malgré cela, je gardais un visage à l'allure sereine, et descendais le longs escalier qui menait au grand hall. J'évitais la cuisine, et quittais le manoir pour me rendre dans la jardins. Je n'avais pas froid, je brûlais de l’intérieur. Cette semaine avait été à la fois horrible et merveilleuse. Je ne savais plus quoi penser. Mon amie Victoria s’avérait être une simple connaissance qui avait tenté d'abuser de ma gentillesse, et qui s'était désormais heurter à un mur - cela risquait d'envenimer les relations entre nos deux pays. Celui que j'avais cru mon allié contre les anges cherchant à anéantir la bâtarde que je suis s'était révélé un monstre abusif dont le regard libidineux me rendait malade. Et le seul que j'esperais finalement voir, qui avait été capable d'embellir ma vie avec tant d'ardeur en moins d'une nuit, était invisible...

À quoi bon être Reine si rien ne peut aller selon mes désirs véritables? Il n'y a que dans le cœur des habitants de ce manoir que je peux faire confiance sur ces terres anglaises... Rien d'autre. La neige et sa froidure me donnait l'impression de s'infiltrer sous ma voute plantaire avec violence, mais la faible douleur ressentie me faisait du bien, et me permettait de garder la tête sur les épaules. Lentement, probablement parce que la tenue n'est pas appropriée pour une sortie dans les jardins, je me rendis au verger, où la plupart des fleurs étaient toujours bien vivante malgré la couche de neige qui les recouvrait. Je vins me poser contre l'une des vasques de pierres, caressant du bout des doigts l'eau gelée qu'elle contenait. Une goutte d'eau tomba sur la surface solide, et je fus surprise. Ce ne pouvait pas être une goutte d'eau, le ciel était blanc, peut-être neigerait-il, mais j'étais sure que la pluie ne viendrait plus déranger mon jardin avant longtemps. C'était une larme. Essuyant doucement le sillon qu'elle avait traçait sur ma joue, je ne pus m’empêcher de contempler mon reflet dans l'étendue glacée.

À quoi bon être une reine, être belle et aimante, s'il n'y a personne pour me l'offrir en retour? Ma mère à simplement eut de la chance... Du moins jusqu'au drame... Soudain, la berceuse que me chantait ma mère, prise d'un conte de nos régions, me revint en tête, et j'ignorais pourquoi, je laissais ma voix suivre mes pensées, douce et mélodieuse malgré la douleur naturelle qu'avait causé l’expéditeur des roses, en omettant de se montrer...

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MessageSujet: Re: Plus qu'un songe parfumé, c'est l'éternité à tes cotés ~ (Feat Aleksandr Ezequiel)   Mer 29 Juin - 21:00




Le ciel est d'or rouge, les collines d'améthyste ; la mer exhale une buée diaphane, qui adoucit chaque contour et irise chaque nuance. ▬ Claude Farrère ; << L'homme qui assassina >>


Spoiler:
 

Une semaine venait de passer, une longue et fastidieuse semaine. C’est ce que je me disais, perché sur un toit enneigé et les cheveux portés par le vent, le regard se délectant du manteau blanc qui avait recouvert la demeure et toute la propriété de la Reine de Finlande où je venais enfin de rentrer. Mais autant reprendre une semaine plus tôt, qu’en pensez-vous ? Au tout début. A notre arrivée depuis le palais de Victoria après avoir saccagé la chambre de cette dernière sans la moindre vergogne.

Une courte scène de ménage entre mère et fils au sujet de principes comme ceux de prévenir de son absence et d’inquiétude, de reproches quant à l’absence et au silence. Chose parfaitement légitime de la part d’Alois à qui j’adressais un fin sourire lorsqu’il me croisa en compagnie de sa chère mère.
Angelica fut guidée dans ses appartements probablement pour retrouver une tenue décente. De mon côté, on me montrait les pièces que je pourrais occuper selon mon bon vouloir. Je ressentais cependant encore une légère angoisse à cette idée, une sensation étrange au fin fond de ma poitrine qui me piquait telle une aiguille qui rirait à chaque piqûre.
Raison qui me poussa à ouvrir la fenêtre de ma nouvelle chambre, et de m’y jeter en reprenant ma forme enfantine dans ma chute et de m’envoler en direction du centre-ville pour une durée qui m’était encore indéterminée à ce moment-là, le temps de réfléchir tout en vivant comme je l’ai toujours fait. A quelques détails près.

Le lendemain, le premier jour de mon absence au manoir, je vagabondais encore dans les rues, n’ayant pas pris la peine d’aller à l’hôtel pour dormir, ou même de rentrer chez Angelica dans le même but. J’avais préféré passer la nuit dehors, à marcher et réfléchir à ce que je devais faire et ce que j’allais devoir faire plus tard, par rapport à toutes sortes de choses, ou tout simplement par rapport à sa Majesté de Finlande. Mais cela restait encore bien flou pour moi.
Et c’était dans cette même impression de flou et de brouillard que je retournais à la demeure d’Angelica, prenant ma forme enfantine pour m’envoler afin de m’approcher des fenêtres à travers lesquelles je pouvais sentir la même odeur qui avait empli la chambre de Victoria tout en étant mêlée avec la mienne. Le soleil n’avait pas encore fait parler de lui, de ce fait, en toute logique, elle devait toujours dormi, chose que je vins vérifier en premier alors que je parvenais finalement à ouvrir la fenêtre et passais ma tête entre les rideaux. Elle dormait paisiblement. J’étais tout de même surpris qu’elle ne m’ait pas entendu, mais j’imagine qu’elle était encore fatiguée.
D’un pas silencieux et léger, je me faufilais dans la chambre jusqu’à son chevet et je soulevais mon couvre-chef pour l’y poser, avant de tapoter ma main sur le dessus de mon chapeau et de le relever, libérant de ce dernier un large bouquet de roses rouges que j’avais cueilli toute la nuit dans les jardins des habitants avec toute l’illégalité du monde. Je disposais le bouquet d’un nombre de roses rouges équivalents au nombre de jours dans une année, et aussi vite et silencieusement que j’étais entré, je sortais de la chambre par la fenêtre en prenant le temps de la refermer avant de m’envoler à nouveau pour vagabonder en ville, après avoir machinalement et avant tout par politesse et sans trop réfléchir déposé ces fleurs auprès de celle qui avait décidé de m’accueillir chez elle.
Tout aussi machinalement et sans réfléchir lorsque je rentrais dans les jardins pour en cueillir les roses rouges qui me plaisaient et les engouffrer dans mon chapeau pour les transporter.

Le reste de la journée ressemblait en tout point à mes journées habituelles, moroses et vagabondes, bercées par le hasard de mes pas et de mes rencontres qui ce jour-là s’arrêtèrent à une seule, avec une libraire à l’abbaye, une certaine MacKayla. Je ne compte pas les deux inquisiteurs qui sont morts juste devant l’entrée de l’abbaye, ainsi qu’un policier malchanceux qui passait par là. Le reste de la journée redevint morose, et emplit de solitude. Et de réflexions divers et variées. Puis vint le soir, puis la nuit. Et le schéma de la soirée précédente se reproduisit ; je me mis à vagabonder de jardins en jardins dans un autre quartier de la ville pour cueillir à nouveau une quantité colossale de roses rouges, 365. Mais cette fois-ci … Dans un autre état d’esprit. Mes mouvements et déplacements avaient moins l’allure d’une machine de fer automatisée, et je prenais un certain plaisir à cueillir chaque fleur, tandis que mes pensées toutes entières étaient tournées vers la personne pour qui toutes ces fleurs étaient. Je me demandais ce qu’elle avait fait du premier bouquet, et rentrer chez elle pour assouvir cette curiosité était tentant, cependant je me disais encore qu’il n’était pas encore le moment de rentrer. Je m’efforçais donc de cueillir toutes les roses dont j’avais besoin et de ne pas aller au manoir pour m’y promener et voir ce qu’il était advenu du premier bouquet. Cela me prit un certain temps puisque je pris tout de même le temps d’être très soigneux et amusé dans la cueillette, et finalement, tôt le matin, même s’il restait encore un peu de temps avant les premiers rayons du soleil, je pris mon envole jusque chez Angelica et fis comme la veille ; je pénétrais par la fenêtre de sa chambre et avec mon chapeau, j’allais déposer mon bouquet à son chevet. Cependant je n’eus pas le temps de la regarder dormir, ne serait-ce quelques instants, puisqu’elle semblait sur le point de se réveiller. J’eus même à peine le temps de quitter la pièce par la fenêtre, sans avoir la possibilité de refermer cette dernière, même si je la quittais avec un fin sourire dessiné sur les lèvres.

La deuxième journée était moins morose et n’était pas aussi vagabonde que la précédente ou de mes journées habituelles, car alors que je quittais le manoir d’Angelica en volant, je me disais que je devais chercher une dernière fois de possibles informations sur Eleonore. Faire mon deuil pour de bon en somme, avant de pouvoir passer à autre chose et de m’y investir pleinement et sans avoir de regrets.
Ce fut donc une journée de recherches, à questionner et glaner des informations à droite et à gauche, et ce sans de problèmes particuliers. Mais c’est pendant la soirée que cette recherche a dégénéré après un accrochage à la sortie d’un bar avec quelques individus forts bourrés qui ont tenu des propos à l’encontre d’Elenore qui ne m’ont guère plu sur le moment. Le résultat ? Le meurtre sans sommation de deux des trois énergumènes. Seulement deux car contre toute attente quelqu’un vint au secours du dernier et me dissuada de mettre fin à sa frêle vie.
Une jeune fille à l’allure parfaitement normale, si ce n’est qu’elle avait sur elle tout le nécessaire et l’attirail classique d’une Inquisitrice en chasse … En plus d’être mon portrait craché sous forme enfantine si j’avais été moi-même une fille, au détail près qu’elle avait seulement les cheveux blancs, elle n’avait pas les yeux d’une albinos.
Une jeune Inquisitrice en chasse et en chasse de moi plus précisément.
En temps normal je me serais contenté de l’attaquer et la laisser prostrée dans un coin de rue, ou de prendre la fuite et de la laisser clouer sur place avant qu’elle n’ait le temps de réagir et me suivre ; mais cette traque prit une tournure étrange. Et je devais l’avouer, c’était un peu de ma faute.

Voler l’opium d’un petit groupe de personnes mal intentionnées et avares de drogues et d’argent amène souvent, voire toujours à des problèmes. Des problèmes qui me retombèrent sur le dos, me prenant alors par surprise alors que j’étais avec cette jeune Inquisitrice qui se retrouvait alors mêlée à une petite guerre de rues. J’avais pris la fuite avec elle alors que toute une bande de malfrats courait après nous tout en nous tirant dessus à l’aide de fusils et de pistolets, et même une bombe incendiaire, obnubilés par leur opium qu’ils voulaient absolument récupérer, en plus de ma tête. Au bout de plusieurs minutes de fuite,  on s’était malheureusement trouvé dans une impasse, probablement parce que je ne connaissais pas tous les recoins de Londres … Je dû alors me débarrasser des gêneurs jusqu’au dernier après avoir protégé l’Inquisitrice de plusieurs bombes incendiaires pour des raisons qui m’étaient obscures. Après cela, on eut une légère altercation avec deux brutes que j’exécutai sous un soudain et brusque coup de rage, puis vint alors un ange qui tenta de m’exécuter à mon tour, profitant de mon état de faiblesse et de la présence de l’Inquisitrice qui me traquait à la base pour la même raison. Mais je pus réussir à leurs échapper, et s’en suivit une véritable chasse à l’homme, à l’incube, par cet ange et l’Inquisitrice qui avait été rejoint par tout un bataillon d’Inquisiteurs, mené par un Inquisiteur que je connaissais et que j’avais déjà croisé. Je n’eus donc pas le choix de m’y confronter, cependant je n’en tuai pas un seul, et pris la fuite suffisamment vite pour que l’on perde ma trace.
Et malgré toute cette agitation, j’allai vandaliser discrètement de nouveaux jardins pour cueillir 365 roses rouges avec le même plaisir que la veille, même si j’étais du coup un peu fatigué par tout ce qu’il venait de se produire plus tôt dans la soirée, mais je me sentais également un peu mieux au plus profond de mon être … Un peu plus en paix avec moi-même.

Tôt dans la matinée du troisième jour, je me rendis donc une nouvelle fois au manoir d’Angelica et je pénétrai sa chambre pour aller déposer mon troisième bouquet, même si à ma grande surprise, je retrouvais le lit vide. Cependant, je pris la décision de ne pas chercher à savoir pouvoir et je repartais aussi vite que j’étais rentré pour retourner en ville malgré la possible active présence des Inquisiteurs. Mais je voulais me reposer. Je passai donc ma journée dans les différents parcs de Londres, jusqu’au coucher du soleil durant lequel je vins croiser une jeune fille, qui était également une voyante, dans le dernier parc dans lequel j’avais prévu de me reposer avant d’aller passer la nuit dans un hôtel.
Une certaine Emiko Weiss. Je pris le temps de discuter et d’échanger quelques mots avec elle. Comment ça j’ai une drôle de manière d’échanger quelques mots avec une jeune fille ? Pardon ? On me dit que c’est assez particulier d’échanger des mots avec une jeune demoiselle, mes lèvres contre les siennes. Je ne vois pas en quoi … Ne venez pas m’embêter avec vos points de vue humains, humains ! Et ne me jugez pas. J’avais faim, et avais eu une soirée pour le moins mouvementée je vous le rappelle. Très mouvementée.
Par la suite, elle fit un dessin de moi et pour l’en remercier je lui avais alors peint un portrait d’elle. Ensuite, nous fûmes importunés par quelques Inquisiteurs et je dû la laisser, la laissant inconsciente dans le parc avant de prendre la fuite dans la capitale pour aller me trouver une chambre où me reposer jusqu’à ce que la nuit tombe.
Et une fois cette dernière tombée, après un repos mérité, je retournais dehors pour cueillir des roses rouges dans de nombreux jardins de Londres, sauf que cette fois-ci j’en cueillais autant que possible, parce que j’avais une petite idée derrière la tête.

Tôt au matin du quatrième jour, je me rendis à nouveau dans la chambre d’Angelica en volant par sa fenêtre et déposais un bouquet de 365 roses rouges, constatant qu’une fois encore, sa Majesté n’était pas dans son lit, et cela m’inquiéta légèrement, cependant, encore une fois, je pris la décision de ne pas laisser ma curiosité l’emporter je m’efforçais de partir, car j’avais également pris une décision de mon côté quant à ma situation. Et la veille, alors que je vagabondais de parcs en parcs, j’étais passé devant une immense propriété qui me tapa dans l’œil. Et aujourd’hui, j’avais pris la décision de l’acquérir, chose que je fis, en profitant de mes nombreuses relations, j’avais le bras long pour certaines choses à Londres grâce à quelques personnes. Et à peine acquis, je mis de nombreuses personnes et de nombreux artisans à l’œuvre pour rénover et aménager le bâtiment selon mon bon plaisir et ce dans les plus brefs délais car j’avais décidé de faire de cet endroit ma demeure personnelle, mais surtout et avant un orphelinat où je logerais et éduquerais les orphelins que j’irais chercher dans les rues hostiles de la capitale londonienne pour ces enfants seuls et abandonnés de tous, Dieu compris. Non pas pour m’acheter une conscience, mais plutôt parce que je me disais qu’ainsi je pourrais facilement me cacher dans un tel endroit, mais qu’au moins, ainsi, je pourrais faire quelque chose d’utile, car la simple vue des orphelins que je croisais pendant mes promenades me laissait toujours un goût amer dans la poitrine.
Je passais cette quatrième journée dans cette propriété à tout avoir sous mon ordre afin que tout soit parfait ainsi que dans le jardin que je vins aménager moi-même grâce à mes connaissances et mon amour pour les plantes. Et aussi grâce à mon couvre-chef qui m’était vraiment très utile.
La nuit, je laissais les artisans continuer de travailler d’arrache-pied et j’allais cueillir un nouveau grand nombre de roses rouges, pensant toujours autant à Angelica, si ce n’est plus que les nuits précédentes.

Toujours aussi tôt, dans la matinée du jour suivant, le cinquième, je volais jusqu’à la fenêtre de la chambre de la Reine de la Finlande pour y entrer et déposer un autre bouquet de 365 roses, et je pus finalement avoir à nouveau le plaisir de la voir endormie sur son lit, et ce en présence d’Alois pour cette fois, chose qui me fit sourire et presque pouffer d’amusement, mais je sortais de la chambre et volais pour aller un peu plus loin et rentrer dans ma nouvelle demeure, et finir les préparations au moins de la partie orphelinat. Heureusement, les artisans que j’avais engagés avaient fait un travail titanesque durant la nuit et nous n’avons pas eu besoin d’y passer trop de temps. Ils ont pu aller finir d’aménager mes bureaux et appartements, et pièces à vivres tandis que j’allais de mon côté embaucher déjà un minimum de personnel habitué à ce genre de milieu, et plus tard dans l’après-midi, j’allai me promener dans quelques rues et une petite heure après à peine, je rentrais à l’orphelinat, tenant deux enfants par les mains, les deux premiers orphelins que j’avais croisé qui allaient donc me servir de cobayes et me permettre de savoir si tout était comme il fallait pour un tel établissement. Le reste de la journée fut de s’occuper d’eux, les nourrir et les faire prendre un bain, et de leurs fournir tout ce dont ils allaient avoir besoin pour l’orphelinat mais aussi et surtout pour leur nouvelle vie.
Et finalement, on les envoya au lit, en espérant qu’ils apprécieront sans trouver trop étrange le fait de se retrouver sans raisons dans un lit douillet et au chaud, le ventre plein. De mon côté j’errais sous les étoiles dans les jardins, vandalisant encore les propriétés des honnêtes gens pour les séparer de leurs roses rouges. Sauf que cette fois-ci je cru y passer plusieurs heures, cueillant des roses par centaine ; je cru même en perdre le décompte à un moment ! Et j’avais peur de devoir recommencer. Heureusement j’avais réussi à ne pas me perdre parmi toutes ces roses et encore plus tôt le matin du sixième jour, je vins voler à la fenêtre d’Angelica et cette fois-ci, en essayant de produire le moins de courant d’air possible en voletant dans sa chambre, je tapotais mon chapeau et semais derrière moi un total de 999 roses rouges dans toute la pièce et sur le lit avant de faire demi-tour et de repartir au loin, ou pas trop au loin, jusqu’à mon orphelinat, pour aller me reposer à mon tour dans un lit douillet et au chaud, et chez moi pour couronner le tout.

Je passai alors toute la matinée et la moitié de l’après-midi au lit. Pour mon plus grand désarroi car j’avais une commande à aller récupérer. Je pris alors rapidement un coquet petit-déjeuner en présence des deux enfants et je me rendais en ville pour aller récupérer un manteau en cuir de Russie dans une boutique bien particulière, comme il s’agissait de la boutique Weiss, celle de la mère d’Emiko. C’était la fin de journée et c’était d’ailleurs Emiko qui était au comptoir et qui apporta ma commande. Elle semblait d’ailleurs plutôt pressée de quitter la boutique, mais je n’ai pas cherché à savoir et je ne suis pas resté plus longtemps que nécessaire.
Je passais le reste de la journée dans mon jardin, plus particulièrement ma roseraie. A humer l’odeur de toutes les roses que j’y avais installées et à les entretenir. Et lire. Ou regarder les deux seuls enfants, pour le moment, de mon orphelinat.
Une bonne fin de journée en somme. Je me suis même endormi sur ma chaise, livre sur le torse dans la roseraie. Personne n’est venu me réveiller, par peur de me déranger. La nuit commençait à tomber, et le ciel était magnifiquement étoilé. C’était agréable et plaisant à voir, et je n’avais pas froid non plus. Je décidais donc de rester encore un peu ainsi dehors, tout en pensant à Angelica alors que je regardais les étoiles, même si habituellement j’avais une sainte horreur de poser mon regard sur le ciel, ce dernier me faisant davantage penser aux anges et Dieu. Pensée qui m’exaspère d’ailleurs. Mais pour une fois, je ne ressentais aucun malaise particulier, mes pensées étaient juste toutes bercées par Angelica. Je me disais alors que je pourrais peut-être rentrer chez elle … Après tout … Je pense constamment à elle, et toutes les nuits je les ai passé à cueillir des centaines de fleurs rien que pour les lui offrir même si elle dormait … Et puis j’avais envie de rentrer. D’ailleurs, je disais à chaque fois rentrer, au lieu de dire que j’avais envie de lui rendre visite. Rentrer … Chez elle … Chez moi … Chez nous ?

Pendant quelques instants, j’eu une vision étrange où je me voyais avec Angelica, chez elle, tels de jeunes mariés. Je secouais vivement ma tête pour essayer de me faire sortir cette image de la tête qui m’était arrivée sans crier égard. Et sans que j’aie à y penser moi-même.
Je grommelais légèrement en me massant les paupières. Probablement la fatigue, même si en y réfléchissant, l’image était plutôt intéressante et loin d’être désagréable ; Angelica était loin d’être désagréable. Même si l’on n’avait passé qu’une soirée ensemble, je pouvais affirmer qu’il était très agréable d’être avec elle, agréable et amusant, cela dépendait des moments, mais en aucun cas l’ennui ne pouvait prendre place.
M’étais-je entiché d’elle ? Je fermais mon livre qui était toujours ouvert et posé sur mon torse et retirais les lunettes que je portais justement pour ma lecture sur laquelle je m’étais endormi en me posant cette question presque à voix haute. Entiché était un mot peut-être même trop faible. Trop simple. Je devrais peut-être plutôt dire épris. J’hochais légèrement la tête à cette idée. Je devais bien me rendre à l’évidence aussi.
Même la nuit où j’ai été sauvagement attaqué, alors que c’était dangereux dehors, j’ai vagabondé à droite et à gauche pour cueillir des roses que je pourrais lui offrir avant le lever du soleil. Quant au nombre de roses que je lui ai offert à chaque fois, je connaissais parfaitement le sens que cela pouvait avoir ; 365 roses rouges, autant de roses que de jours en une année, une pensée constante et à toute épreuve pour la personne qui se voit offrir un tel bouquet. Cependant, aujourd’hui, je ne lui en avais pas apporté 365, mais 999 … Autant de roses rouges que j’ai dispersé dans sa chambre, en sachant qu’un tel chiffre en bouquet de roses rouges symbolisait un amour éternel et immortel. Je me doute que certains humains, avides de grandeurs, avaient probablement offerts de tels bouquets à la femme qu’ils courtisaient mais à quoi bon ? Dans mon cas, dans celui d’Angelica, un tel présent, un tel symbole n’est pas aussi flou que pour des humains et leur faible espérance de vie. Non, ici, un tel cadeau pouvait prendre la forme d’une promesse, d’une … D’un aveu ? Une déclaration ? J’ignorais l’âge de l’hybride mais pour ma part j’avais déjà 375 ans, et j’avais surtout encore de nombreuses décennies si ce n’est de nombreux siècles devant moi.
Un amour éternel et immortel hein ? Je vins me dire qu’à ce stade, après lui avoir fait don d’un tel bouquet, je pouvais tout aussi bien lui faire la cour … Bizarrement, je me mis à rougir vivement à cette pensée et je me relevais pour rentrer et ranger mon livre dans mon bureau de directeur de l’orphelinat, prenant place sur ma chaise pour me tourner vers la baie vitrée juste derrière moi et regarder dehors. Cela faisait des années que je n’avais pas été dans de tels états émotionnels. Que je m’étais mis dans de tels états pour une femme. Qu’une femme m’avait mis dans de tels états.

Il fallait croire que mon cœur avait définitivement succombé. Me contenter de profiter du silence qui régnait dans l’orphelinat à minuit passé pour écouter les battements de mon cœur qui semblaient comme vouloir me faire comprendre que c’était le cas, je me rendis dans ma chambre puis dans ma salle de bain personnelle pour me baigner dans mon bain romain dans lequel je fis couler encens et roses rouges que j’extirpais de mon chapeau, bain romain dans lequel je restai pendant de très longues minutes. De longues minutes durant lesquelles je profitais des odeurs et parfums qui submergeaient la pièce, écoutais la symphonie qui résonnait dans ma poitrine, et assumais peu à peu ces fameux possibles sentiments qui se révélaient être aussi limpides que du cristal.
Les joues rouges, à la fois enivrées par le manque que me laissait l’absence d’Angelica et la chaleur de l’eau du bain, ainsi que les parfums de fleurs et d’encens, j’entre-ouvrais mes yeux et fixais le plafond, les cheveux mouillés et étalés sur le marbre qui constituait le contour de mon bain, cheveux qui virèrent de l’ébène à une flamboyante teinte pyrope tout en prenant de colossales proportions en longueur et en nombre. Ces cheveux avec lesquels je m’étais réveillé alors que je brûlais devant l’ange et l’Inquisitrice plus tôt dans la semaine, ces mêmes cheveux que mère portait si bien. Je détournais le regard pour observer cette massive crinière de cheveux de feu qui étaient pour la plupart toujours étalés sur le marbre, bien qu’un grand nombre plongeaient et baignaient également dans mon bain tant ils étaient longs … Mère était certes de petite taille, mais ses cheveux étaient bien plus longs qu’elle. Il en allait de même pour moi, même si contrairement à ma génitrice, je mesurais près de 2 mètres. C’était une massive chevelure de plus de deux mètres et demi qui trônait royalement sur ma tête et jonchait tout le long de mon corps depuis cet incident durant lequel il s’était passé une chose étrange, comme si quelque chose qui me manquait m’avait été rendu, ou au contraire, quelque chose de trop qui enfin s’en alla. Ou comme si quelque chose qui n’était pas en place était finalement revenu à la normal, comme cela aurait dû être depuis de nombreuses années.

Je relevais finalement le regard au plafond avant de me décider à sortir de l’eau pour aller me sécher dans ma chambre et enfiler l’un de mes costumes noirs après avoir enfilé une chemise pourpre autour du col de laquelle je nouais une cravate verte à arabesques qui était retenue à ma chemise grâce à une épingle en or. J’enfilais également des chaussures et des gants noirs et je vins coiffer mes cheveux pyropes, prenant le temps de le faire soigneusement et aussi de les admirer dans la glace.

Je laisserais une des domestiques vider mon bain. Haussant les épaules, je récupérais mon couvre-chef dans la salle de bain et finalement je sortais de ma chambre et quittai l’orphelinat en direction du manoir de celle qui envahissait mes pensées.
Une fois arrivé, je pouvais constater que la propriété était couverte de neige, mais uniquement cette dernière … Je ne pris cependant pas la peine de me demander pourquoi, et en attendant que le soleil se lève et se montre, je décidais de grimper sur la bâtisse pour aller me percher sur les toits couverts de neiges.
Je ne vus d’ailleurs pas le temps passer, si bien que lorsque je revins finalement à mes esprits, mon posais mon regard vers le jardin car quelqu’un s’y trouvait. Et la personne en question était reconnaissable entre mille.
Je pris une profonde inspiration et me relevais de telle manière à me tenir debout sur le toit -duquel je glissai presque d’ailleurs pour le coup- et je soulevais mon chapeau pour le tenir vers le vide, avant de le tapoter sur le dessus. A cet instant, une légère lumière violette brilla à l’intérieur de ce dernier, et une vaste quantité, que dis-je, une quantité astronomique de pétales de roses rouges s’en extirpèrent pour voleter dans les airs tout autour et par-dessus le manoir et toute la propriété. Il ne devait probablement n’y avoir plus aucunes roses de cette couleur dans la capitale de toute façon par ma faute en une seule semaine, et je n’allais pas garder ces pétales avec moi éternellement. Une fois que ce torrent de pétales arrêta de découler de mon couvre-chef, je remis ce dernier par-dessus ma longue tignasse pyrope et me laissais tomber dans le vide pour atterrir au pied du manoir, afin de me rendre vers le petit verger pour rejoindre sa Majesté sous cette littérale pluie de pétale. On se croirait presque au Japon, en pleine saison de floraison des cerisiers. Au détail près qu’il ne s’agissait pas des mêmes pétales … Mais comme je venais de le dire : Détail.

Une main par-dessus mon chapeau, et la chevelure dans le vent -et les pétales-, j’arrivais finalement derrière celle qui m’avait tant manqué, et je fis un dernier pas pour me coller contre le dos de cette dernière, laissant choir le son de ma voix sur ses oreilles tandis qu’un sourire enjoué se lisait aisément sur mon visage.

 

▬ « Vous m’avez fortement manqué … My Lady. »


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MessageSujet: Re: Plus qu'un songe parfumé, c'est l'éternité à tes cotés ~ (Feat Aleksandr Ezequiel)   Mer 29 Juin - 21:29



Pour une raison qui m'était inconnue, j'étais incapable de poursuivre le chant de mon passé, les paroles de celui-ci restant bloquées au fond de ma gorge. Ô mère, quelle pitoyable reine je fais, vous qui étiez si forte et si humble, vous devez avoir honte de la créature que je suis. Incapable d'enfanter, incapable de conserver un homme bon à ses cotés, incapable de gérer un pays seule... Je ne suis qu'une incapable portant vos noms. Vous m'avez nommé par votre coté céleste, Vesperina pour ce coté volatile et distingué proche du papillon disparu; Lorelei pour l'impératrice de votre passé, ayant levée une armée toute entière contre un Dieu hindou; Cassandre pour cette voyante incomprise de tous par la faute d'Apollon; Evelyn, pour rappeler la première humaine sur ce monde, Jyannah pour cette petite esclave ayant guidée Moise sur la voie de votre seigneur; et enfin Sélène, pour notre mère si pure, la Lune. Mais qui suis-je finalement? Une créature hybride, sans race propre, sans famille réelle, sans maitrise de son propre corps...

Comment puis-je être aussi forte et fragile en même temps? Pourquoi ma nature m'a-t-elle condamnée à ressentir ainsi les choses? Un chat ou un corbeau? Un démon ou un ange? Que suis-je? Comment pourrais-je le savoir si les seuls êtres venant à s’immiscer dans mon cœur finissent par disparaitre sans raison valable? Comment puis-je me découvrir s'il n'y a personne pour me guider? Du bout des doigts, je caresse une nouvelle fois l'étendue glacée dans la vasque de pierre. Un excès de violence me saisit, et le poing serré, j'abattis ma main contre la glace, qui céda, se morcelant en plusieurs cristaux séparés. Est-ce à cela que ressemble mon cœur depuis votre disparition, mère? Suis-je simplement un pâle reflet de vous, destiné à achever vos dessein de paix entre les peuples sans vivre la douceur de l'amour que vous avez connu? Plus je garde cette forme de corbac seule, plus mon corps devient fragile, et si je conserve cette forme hybride de mes deux espèces, je deviens dangereuse pour mes proches. À quoi bon être l'union de deux créatures si puissantes, si cela nous force à souffrir intérieurement?

Est-ce à cause de lui? Cet incube qui m'a fait ressentir plus d'émotions simultanées que toutes autres personnes en cette vie? Je me serais attachée bien trop vite, et quand bien même sa cours me plu, son absence totale d'aujourd'hui me laisse en sentiment de jalousie et d'amertume intense... Je pris une longue respiration, si l'oxygène ne m'était pas réellement nécessaire pour vivre, il l'était à cet instant-ci pour retenir le sanglot qui menaçait de sortir. Quatre siècles que mon âme ne s'est pas retrouvée dans cet état, quatre siècle qu'aucune larme ne vient troubler ma vue, jusqu'à aujourd'hui. Je mordillais ma lèvre inférieur peinte, tout en respirant le plus lentement possible. Devais-je haïr Aleksandr pour avoir insufflé en moi cette germe d'amour et ensuite disparaitre sans préavis? J'aimerais pouvoir le faire, mais ceci m'est purement impossible. Les sentiments sont des armes, à n'en pas douter, et il a utiliser la plus puissante sur moi. Maudit sois-tu, incube de malheur, pour avoir osé dérober ainsi mon cœur...

Je sentie quelque chose de léger venir s'échouer sur ma chevelure, je secouais la tête, m'attendant à croiser un flocon de neige qui s'était égaré, mais la surprise s'empara de moi lorsque je découvris la couleur de celui-ci. Rouge. Et ce n'était pas un flocon de neige, bien que ce soit aussi doux, c'était un pétale de rose, et il n'était pas seul. Partout, autour de moi, porté par la brise légère qui provenait des montagnes, dansaient de minces pétales de roses, rouge. Lentement, et légèrement tremblante, je tendais mes mains en coupe vers le ciel, recueillant ainsi plusieurs de ces pétales rouge et parfumé. Était-ce là un signe du destin, ou bien une simple mascarade pour me rappeler que j'ai été bernée par le sentiment le plus impitoyable qui existe en ces mondes? Sentant la douleur revenir à grand flots, j'approchais mon visage des pétales et nichais celui-ci aux creux de mes mains, m'imprégnant du parfum qu'ils propageaient malgré l'absence de pistil. De nouvelles larmes traitresses s’échappèrent de mes yeux et vinrent se loger sur les pétales pourpre, rappelant facilement les gouttes de rosée du matin.

Soudain, j'eus l'impression que mon cœur allait explosé sous la torture, tant d'émotions simultanée, passion, terreur, colère, tristesse, joie. Un parfum venait de m'envahir, avec encore plus de force que celui dégagé par les roses, bien plus fort encore que tout humain. Le vent le portait jusqu'à moi, et un mince bruissement de tissus, juste derrière mon dos, me fit déglutir. Non pas maintenant... Pas aujourd'hui... Je ne veux plus ressentir d'amour et de douleur mêlée, je veux seulement que tout s'arrête... Oublier mon existence funeste, Oublier Rindo, oublier mon nom, oublier ma nature, oublier les larmes... Oublier encore et encore jusqu'à-ce qu'il ne reste plus rien en mon cœur douloureux, que la paix de l'oubli. Mais il n'en est rien, il est derrière moi, et sa voix qui m'était apparue si agréable et compatible avec la mienne la première fois me semble aujourd'hui telle le glas funeste de la mort, sournoise et avide. Avide de ce poison alléchant et meurtrier qu'est l'amour, avide de ce poison circulant avec rapidité dans mes veines hybrides. Mais de qui, du cygne ou du corbeau, le prince était-il l'amant? Aucun... Sa princesse ne correspondait pas à ses attentes, et il s'est détourné d'elle en découvrant sa part d'ombre, Aleksandr fera-t-il de même avec ma partie lumineuse?

« Vous m’avez fortement manqué … My Lady. »

Un frisson d'horreur s'est lancé sur mon échine, et lentement, je me suis relevée, mon cœur d'hybride battant cette cadence folle que les humains désignent comme étant celle de l'amour. Je serrais les mains avec force, ces battements étaient pareils à des coups de poignards, et de minces picotements vinrent chatouiller mes paumes, mes griffes se déploient comme autrefois, lorsqu'un affront m'était fait. Je peux sentir mes ailes d'ange se déployer de mon dos dans un bruit d'ossement sec, puis de plumes, pour venir m'entourer tel un cocon protecteur. Un instant plus tard, je me tourne alors, uniquement recouverte de plumes noires sur cet ensemble de ballet, ma chevelure devenue courte me chatouille la nuque, et de mes prunelles s'écoulent des larmes trop longtemps retenues. Rindo m'a eut par la force, lui tente de m'avoir par la douceur, mais aucun de m'aura plus jamais. Mon cœur m'appartient, et personne ne pourra le détruire à nouveau, j'en fais le serment auprès de la lune, notre mère à tous, protectrice des lunatiques... Si lui n'est pas apte à accepter cette nature propre à moi, alors... mon amour pour lui se devra de disparaitre à jamais, et lui avec...

"Vous avez peut-être séduit mon âme, et conquit mon cœur, mais c'est là tout ce qu'il me reste... Et je ne peux me permettre de l'abandonner sans me battre auparavant..." Prononçais-je d'une voix douloureuse et tremblante.

Délicatement, je déploie de nouveau mes grandes ailes noires, et mes bras désormais nus et pâles suivent leur mouvement, restant en suspend dans l'air froid de Décembre. Toujours avec délicatesse, je me plaçais sur des pointes, avant de saluais comme il se doit mon ennemi, mon amour. Piège merveilleux que voilà, puisque ma chevelure courte forme un épis noir sur le haut de ma tête, une plume tranchante s'y mêla et fila dans sa direction, pointant son torse. Le tissus de ses vestes fut légèrement tranché, mais l'incube ne fut pas blessé, les premières plumes étaient toujours plus fines, moins vives, que celles que j'envoyais ensuite avec mes pas de danses. Je ne lui laissais pas le temps de comprendre, c'était la nature viking de mon héritage qui voulait cela, si ma mère avait agit avec douceur, c'était parce qu'elle le manipulait depuis le début, mais moi, je n'ai que le combat pour me prouver sa valeur. Alors que j'abaisse mon bras droit avec grâce, 5 plumes partirent dans sa direction, fauchant le vêtement, encore et toujours, sans le toucher réellement. Le bras gauche toujours levé, j'avançais le droit en direction de ma poitrine, comme pour me protéger et dessinais un arc de cercle avant de faire un pas en arrière.

De nouvelles larmes coulèrent sur mes joues, alors que j'entamais enfin l'envol du corbeau, cette danse funeste qui, je l’espérais, mettrait fin à mon dilemme émotionnel. Je fis un premier tour, et dix plumes quittèrent mon jupon pour s'attaquer à l'incube de mes pensés, transperçant ses bras comme de simples aiguillons d'abeilles auraient fait. Je n'étais même pas sure qu'il puisse saigner avec cela, et ma vue était bien trop embrouillée par mes larmes pour que je le vois correctement. Tant mieux. Je ne souffrirai pas de son regard inquisiteur. La neige ne me faisait plus d'effet non plus, j'étais purement et simplement aveuglée par la douleur qu'il avait causé. En m'offrant ses roses, il m'avait promit l'amour éternel, il m'avait montré à quel point mon âme souffrait, et il l'avait entaillée de doute et de terreur à son sujet. Il me rendait fragile, anxieuse, jalouse, colérique... Faible... Et aimante. Et je ne pouvais pas me le permettre, plus maintenant... Je tournoyais une fois encore, mes bras ondulant au dessus de ma tête et formant de nombreux cercles, tandis que des plumes noires quittaient, les unes après les autres, mes jupons et mes ailes pour le traverser lui.

Je n'étais plus une simple petite fille, j'étais une Reine, une créature occulte différente des autres, plus de six siècles d’expérience s'étendait derrière moi, il n'avait donc pas le droit de m'affaiblir ainsi... pas alors que... Alors que je suis soumise à Rindo pour ma vie... Soumise à mon propre héritage angélique... Soumise à mes instincts primaires de félins...

Soumise à son amour...

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MessageSujet: Re: Plus qu'un songe parfumé, c'est l'éternité à tes cotés ~ (Feat Aleksandr Ezequiel)   Jeu 30 Juin - 14:33




Le ciel est d'or rouge, les collines d'améthyste ; la mer exhale une buée diaphane, qui adoucit chaque contour et irise chaque nuance. ▬ Claude Farrère ; << L'homme qui assassina >>


Spoiler:
 

Je l’avais observé et analysé alors que je m’étais avancé vers elle, déformation professionnelle et habitude, et je devais bien avouer que sa réaction m’étonnait légèrement quant aux pétales dans le vent. Elle semblait en avoir pris dans le creux de ses mains pour les amener à son visage, mais sans plus. Je me disais : « Ce n’est qu’une impression » et l’avais alors rejoint pour me placer derrière elle et la saluer gentiment.
Cependant et à ma grande surprise l’impression n’en n’était pas une, étant légèrement appuyé contre son dos je pus sentir un frisson mais il était loin d’être très flatteur aux premiers abords lors de retrouvailles -certes courtes puisqu’il ne s’était passé qu’une seule semaine depuis, d’autres personnes ne se retrouvent pas avant plusieurs années- et la suite des évènements vint me surprendre tout autant.

Elle vint d’abord se relever, elle serrait les poings comme une personne subissant un affront en silence, puis je fus dans l’obligation de faire quelques pas en arrière afin de ne pas me faire fouetter dans le brusque et bruyant déploiement de ses ailes puis de ses plumes qui vinrent l’entourer comme pour la protéger. Pourquoi avais-je la sainte et horreur impression d’avoir fait une bêtise ou dit quelque chose que je n’aurais pas dû ?
Elle se retourna vers moi, me faisant ainsi face. Uniquement couverte de plumes, les cheveux plutôt courts … Et des larmes ? Pause ! Va-t-on me dire qu’elle était en réalité allergique aux roses, aux fleurs ? En fait non … C’était loin d’être des larmes provoquées par une allergie, sauf si sa Majesté était en fait allergique aux sentiments ou tout simplement à l’amour.
J’avais de plus en plus l’impression que j’y étais pour quelque chose et que ces larmes étaient davantage présentes à cause de moi et non pour moi.

 

▬ « Vous avez peut-être séduit mon âme, et conquit mon cœur, mais c'est là tout ce qu'il me reste... Et je ne peux me permettre de l'abandonner sans me battre auparavant... »
Avais-je bien entendu ? Séduit mon âme et conquit mon cœur ? Si seulement j’en avais eu le temps et l’occasion, je me serais précipité de lui dire qu’elle aussi ! Si j’en avais eu l’opportunité seulement, et pour cela il aurait fallu qu’elle se contente de ces quelques mots sans pour autant rajouter la suite qui semblait être, bizarrement, tout de suite moins agréable aux oreilles. Mais là encore, si j’avais seulement eu le temps de lui demander pourquoi, je l’aurais fait, sans hésiter.
Seulement si une plume n’avait pas été automatiquement et aussitôt lancée vers moi, déchirant une partie de mon manteau en cuir de Russie … Mon manteau totalement neuf d’à peine deux jours. Encore une fois, si l’occasion m’aurait été donnée, j’aurais hurlé à l’injustice et me serais plaint qu’un tel crime ait été commis à mon encontre car j’étais tout de même un poil matérialiste et prenais grand soin de mes affaires, mêmes vestimentaires -sauf lorsque je les déchire ou les déforme malheureusement moi-même sous effet de transformation parfois obligatoire et nécessaire- mais il n’en n’était rien.
Ailes déployées, et bras tendus, semblant suivre les mêmes courbes que ses attributs à plumes, elle abaissa son bras droit pour m’envoyer d’autres plumes qui vinrent finir le travail de la première : Mon manteau était maintenant officiellement bon à jeter. Ma chemise aussi d’ailleurs …

Mais plutôt que de passer mon temps à observer et noter l’état de mes vêtements, je relevais le regard vers elle et pouvais voir de nouvelles larmes qui coulaient le long de ses joues, et ces dernières me faisaient comme l’effet d’aiguilles fines qui viendraient parfois piquer mon cœur.
J’aurais aimé pouvoir m’émerveiller en la regardant presque danser pour attaquer, tout en étant à la place du spectateur, mais j’étais malheureusement dans la position de l’attaqué et c’était au final loin d’être agréable, mais je pense, je pense, et voilà que plusieurs plumes se plantaient dans mes bras comme dans du beurre : Ça m’apprendra qu’il y a un moment pour penser et un autre pour agir.
Mais même alors que je décidais de réagir un peu, je fus pris sous l’assaut d’un trop grand nombre de plumes pour répondre et me contentais alors de placer mes bras en croix devant mon visage après avoir fait un faible mais brusque mouvement en avant pour lancer mes cheveux dans mon dos, il était tout bonnement hors de question, qu’en plus de mon manteau tout neuf, qu’elle abîme ces cheveux ; ses cheveux, dont j’ai toujours voulu hériter. Elle ne l’avait probablement par remarquer d’ailleurs, que je venais de la rejoindre avec une chevelure immensément grande et d’une couleur à faire pâlir le sang de n’importe qui, la lave de n’importe quel volcan. Mais je pouvais la comprendre.
Moi aussi, j’étais passé par là. Moi aussi, j’ai fermé les yeux, me suis bouché les oreilles et me suis contenté d’agir pour oublier, pour trouver des réponses ou espérer en trouver, ou juste tout simplement être seul et ne plus me poser de questions tortueuses.

En parlant de rouge et de sang, toutes ses plumes commençaient à m’agacer malgré leur couleur magnifiquement noire à cause du nombre de plaies en train de s’ouvrir sur ma peau de toutes parts. Cela faisait un moment que je n’en m’étais pas servi mais contrairement à elle, je n’avais pas d’ailes -heureusement- noires -malheureusement-
J’étais également soulagé d’avoir réussi à protéger mon couvre-chef d’un tel assaut surprise et je le fis alors valser derrière moi d’un coup de tête, et y plongeait une main dans sa chute pour en sortir un paquet de cartes que je lançais dans l’air, puis j’en sortais un autre, puis un autre, et un dernier. Âme des cartes, aide-moi … Mais qu’est-ce que je raconte ? Depuis quand je parle à mes cartes et leurs demande de l’aide comme si elles avaient une âme ? On se croirait dans une mauvaise histoire basée sur des combats de cartes où la morale est qu’elles ont une âme et qu’il faut croire en elle pour gagner. J’espère que l’être humain ne sera jamais assez stupide pour en faire une de ce gabarie.
Minute papillon, pourquoi étais-je à nouveau en train de penser et réfléchir alors que j’étais sous une pluie de plumes ? Un peu de concentration Aleksandr !

D’un claquement de doigt, les cartes qui étaient encore en train de voleter autour de moi se figèrent et celles qui étaient déjà tombées par terre se soulevèrent avant de filer vers moi pour former une paire d’ailes … Malheureusement blanches, car non, je n’ai pas de cartes noires, ou de toute autre couleur. Remettant mes bras en ‘’x’’ devant moi, je prenais le temps de la regarder et d’analyser ses mouvements, et je comprenais très bien pourquoi ses cheveux étaient courts. Ses mouvements faisaient réellement allusion à des pas de danse, difficiles et recherchés mais pas impossible à reproduire, mais mes cheveux qui touchaient le sol tandis que les siens pendaient sur sa nuque allaient être un net désavantage … Depuis quand je prêtais attention aux désavantages ? Je suis pourtant réputé pour mon égocentrisme et ma capacité à n’en n’avoir tout simplement rien à faire des désavantages, et de toujours faire de ces derniers un avantage, un plus ! Mes cheveux, un désavantage ? Dans un combat dansant ? Et puis quoi encore. De tels cheveux, longs et de feu ne peuvent être un désavantage, en aucun cas. C’est une touche de beauté et artistique, et égocentrique ; tout moi.

Mon regard surpris et à la fois prit par la compréhension et l’incompréhension de ce qu’il se produisait se changea en un regard sérieux et concentré, mes iris orangées se mouvant rapidement dans mes prunelles alors qu’elles suivaient les mouvements d’Angelica et lentement, je secouais la tête pour soulever mes cheveux pour qu’ils pèsent moins sous l’effet de la gravité et entrepris des mouvements … Anarchiques et dénués de sens, me débattant en même temps avec mes bras et mes jambes qui ne suivaient pas le rythme -avec toutes ces plumes dans la chair et les muscles aussi- et ma chevelure. Chose qui me fit grogner, fortement, tandis que j’essuyais cette pluie de plumage sombre et un agacé : « Il suffit » se fit entendre alors que j’entrepris de tourner sur moi-même pour élancer mes bras et mes jambes dans un mouvement rapide à imiter les siens, et plus encore, m’efforçant pour aller plus vite qu’elle pour faire par moment un tour sur moi-même pour élancer mes cheveux pour limiter leur niveau d’agacement, tandis que je tranchais de cartes dans les mains d’abord une partie des plumes lancées vers moi. M’élançant toujours plus fort et vite sur moi-même, faisant tournoyer ma chevelure rouge qui ne ressemblait plus qu’à une ligne rougeâtre, fluide comme de l’eau qui voletait tout autour de moi, mes cartes découpant alors la plupart des plumes, puis finalement la totalité sans pour autant les lancer ; je me contentais de calquer mes mouvements sur les siens en y ajoutant ma petite touche personnelle, même si c’était plus par nécessité à cause de ma chevelure, entre tours sur moi-même, petits bonds, petits pas en avant, en arrière, sur les côtés, et quelques saltos, afin de n’être jamais gêné par mes cheveux … Et pour ne pas me retrouver complètement emmêlé dedans également. Cela pourrait s’avérer ridicule, et très handicapant.

Il y avait aussi des gouttelettes de sang qui se mêlaient à tout cela, même si maintenant je me protégeais, il m’aura fallu un certain temps pour y arriver, ce qui lui aura permis de me blesser tout de même … Et comme je ne m’étais plus nourris depuis notre rencontre, si ce n’est un baiser avec une jeune fille, et un autre avec une Inquisitrice insouciante, ce n’était clairement pas cela qui m’avait permis de me remettre en forme après ma course poursuite toute une nuit avec des Inquisiteurs dont une très collante et un ange purificateur, lui aussi très collant. Mes plaies avaient alors un peu de mal à se refermer de ce fait, et mes ailes de cartes diminuaient. Quelles idées aussi d’avoir des plumes pareilles ! Après avoir parée quatre à cinq plumes, les cartes que je tenais en mains se déchiraient ou se pliaient et je devais alors me servir sur mes ailes : Je n’en n’avais presque plus !
Rester sur la défensive n’était pas la meilleure des idées et allait bientôt atteindre ses limites … Il était temps de : Réfléchir, et de penser !
Et la réflexion fut plutôt courte, le plus long fut de me décider à agir même si je n’étais pas très motivé, et enjoué par ma solution, ce qui d’ailleurs me fit lâcher un faible soupir, mais pas inaudible.

 

▬ « Sans vouloir vous offenser, Vôtre Majesté, mais j’ai passé une semaine assez bizarre, et très fatigante … Non pas que penser à vous, cueillir les roses rouges de toute la ville, et réfléchir quant à mes sentiments naissants pour vous l’étaient ! C’est surtout la faute à tous ces Inquisiteurs dans la ville, qui me chasse, encore et toujours, parce que l’Inquisition ne sait pas quand s’arrêter … Et aussi parce qu’un ange s’en est mêlé … Et que j’ai bien failli y rester … Mais je suis tout de même assez épuisé et je commence à manquer de force à cause de la faim … Donc si vous pourriez bien … Aussi belle, et adorable, et enchanteresse que vous puissiez être, avoir l’obligeance de cesser ceci tout de suite … »
J’usais de mes dernières cartes, mais marquant une pause avant d’ajouter un : « Cela m’arrangerait grandement » mes plaies vinrent se rouvrir et saigner plus que de simples gouttelettes, mettant totalement de côté la régénération naturelle de mon corps pour plutôt concentrer le peu d’énergie me restant dans mes bras, au bout desquels de petits sceaux magiques rouges vinrent briller et apparaître dans les paumes de mes mains, desquels s’extirpa un faible flux magique rouge et noir qui, comme mes cheveux, se mit à dessiner une ligne fluide et rapide dans mes mouvements que je ne cessais pas pour autant, me servant de ce flux pour contrer ses plumes et les bloquer, sous les bruits de ces dernières quand elles entraient en contact avec cette magie : Je détestais me battre directement avec de la magie, c’était épuisant, et en plus, cela ne me correspondait pas, j’aimais me battre avec mes mains ! Faire des tours est une chose, faire de la Magie en était une autre.
Et plutôt que de rester sur la défensive, je décidais de contrer et bloquer ses plumes tout en continuant mes mouvements loufoques mais non sans grâce mais en m’avançant exclusivement vers elle, et sans lui laisser le temps de répliquer à mon tour, fit plusieurs grands tours sur moi-même pour, sur le dernier, lancer ma chevelure dans sa direction pour l’enrouler à ses chevilles et m’en servir comme d’un lasso pour la tirer et la stopper dans son élan de lancer de plumes, attraper ses chevilles d’une main pour la tirer plus fort et finalement la plaquer au sol, dans la neige et les pétales … Et les plumes, et les taches de sang, et les morceaux de cartes, sans galanterie, avant de me hisser sur elle -avec tout de même un peu plus de galanterie, c’est important quand vous vous dressez et étendez sur le corps d’une femme- et de saisir ses poignets pour les lui plaquer sur ses ailes et maintenir le tout : Ponctuant le tout par un profond soupir de soulagement, le soupir que vous faites lorsque vous accédez à l’accomplissement d’une tâche difficile !

La plupart de mes membres étaient engourdis avec tout ce sang perdu, et je peinais à garder les yeux parfaitement ouvert. Un peu plus et je vais tourner de l’œil avec ces bêtises. Je suis décidément trop vieux pour ces conneries lorsque je suis affamé. Je secouais la tête et me faisais violence pour garder mes esprits et m’efforçais de maintenir ses bras et ses ailes, le tout en inspirant et expirant profondément quelques instants sans rien dire, ni même la regarder : J’essayais de ne pas perdre connaissance, mince !

 

▬ « Je ne sais pas … Quelle mouche vous a piqué My Lady, mais la prochaine fois que l’idée de m’attaquer de cette manière vous traverse la tête … Veuillez au moins faire l’effort de me prévenir et de me laisser le temps de me préparer … Et si je puis me permettre … Vous avez … Une drôle de manière … D’exprimer vos sentiments … Hou-houla … Vertiges … Vous ne m’avez pas ménager, et vous avez bien choisi votre moment pour être aussi … Expressive … »
Puis un long silence, et la tête lourde, je la laissais tomber et reposer contre son épaule, la respiration lente et bruyante, perdant alors connaissance quelques instants, avant de relever faiblement la tête pour la regarder, seulement capable de maintenir et ce difficilement, mes yeux entre-ouverts.

 

▬ « Le temps m’étant visiblement compté avant de ne finalement plus pouvoir bouger … Et maintenir mes esprits pendant quelques heures … Je m’en vais à mon tour, vous exprimer mes sentiments, mais à ma manière, que vous le permettez ou non … Puisque vous-même n’avez pas pris la peine de prendre mon avis en considération pour exprimer les vôtres … Puis … J’irais dormir un moment … Au fait … Vous avez, des plumes, absolument, magnifiques … Et je ne dis pas, cela … tous les jours et à n’importe qui … »
Le souffle court et le corps lourd, je tendais non sans difficulté mon visage vers le sien afin d’apposer mes lèvres contre les siennes, le temps d’un chaste baiser, mais tendre et aimant, ne prenant plus la peine de m’efforcer à garder les yeux à moitié ouverts, et me laissant reposer lourdement sur elle alors que je perdais connaissance, et allez savoir pour combien de temps, mais cette perte de connaissance avait au moins le mérite d’être agréable grâce à ses lèvres, et sa présence.



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MessageSujet: Re: Plus qu'un songe parfumé, c'est l'éternité à tes cotés ~ (Feat Aleksandr Ezequiel)   Ven 1 Juil - 19:43



Chaque pas de danse, chaque mouvement gracieux, chaque pointe et chaque saut me rappelait à quel point je haïssais cette partie là de moi. J’étais fragile, tant physiquement que moralement. Atteinte d’une fragilité qui grandissait de secondes en secondes, les pas devenaient douloureux, mes muscles se tendaient avec plus de force, et mon corps se fatiguait. La forme angélique que je possédais, aussi sombre apparaissait-elle, était aussi la plus étrange de toutes. Elle me tirait toujours plus vers la fragilité des humains, m’affaiblissait physiquement et m’épuisais plus que nécessaire. Mais je ne pouvais pas faire autrement, il fallait que je défende ce que j’avais passé plusieurs siècle à reconstruire, un cœur en état de marche. Alors j’ignorais tout de la douleur physique, j’ignorais tout des battements de mon cœur à chaque fois qu’une plume le touchait, le visage, les bras, je n’en avais cure des perles de sang qui venaient tacher la neige. Je devais le faire, pour que la souffrance s’arrête… Pour que tout s’arrête enfin.

L’envol était une danse que j’avais maitrisée il y a longtemps, lorsque je m’attelais aux arts et à la musique, mais je n’avais découvert son véritable intérêt que bien plus tard, au court de la création du commerce interracial d’échanges des âmes. Ainsi, je levais mes bras en arc de cercle au dessus de ma tête puis les descendais et les décroisais gracieusement, avant de les placer en ailes à cotés des vraies, tout en tournoyant sur moi-même. J’étais désormais incapable de compter les plumes noires bleutées qui s’étaient enfuie pour attaquer l’incube qui me faisait face, mais je continuais. C’est pour quoi je le vis à peine user de son couvre-chef et sortir tout un jeu de cartes, les larmes embuaient encore ma vision, et je n’arrivais pas à me concentrer sur autre chose que la danse, je voulais que mes plumes le déchirent. J’entendis à peine le claquement de doigts, mais lorsque les cartes se mirent à voleter dans tous les sens pour l’encercler, je due reculer d’un pas, avant de pouvoir reprendre mon ballet mortel. Les cartes avaient formé dans son dos une paire d’aile blanche, mais je continuais, tournant autour de lui avec rapidité.

Je continuais de danser autour de lui, mes jambes et mes bras s’agitant dans des mouvements fluides et réguliers, comme si j’allais m’envoler à partir d’un saut. J’avais la lourde impression de sombrer dans la douleur, et je voulais qu’il le sente aussi, qu’il sache que mon cœur était peut-être à lui désormais, mais que je n’étais pas prête à me briser de nouveau, que je n’étais pas faible. Je n’en pouvais plus, je voulais que tout cesse, que Rindo disparaisse définitivement, que le mystère sur la disparition de mes parents soit éclaircit, quitte à enterrer leur corps, que la peine de n’avoir jamais pu enfanter se dissipe de mes pensées, que la crainte constante pour la vie de mon héritier s’échappe, que la vie cesse d’être un tourment simplement parce que je n’ai pas de nature exacte. Longtemps hais par la plupart des démons, toujours méprisée par les anges, je n’avais jamais été reconnue pour moi. Et à présent que je pouvais sentir cette once d’amour se manifester pour quelqu’un d’autres que mon fils, je ne voulais pas la perdre comme j’avais perdu autrefois, je ne voulais pas que cela ne soit qu’un jeu, je ne voulais plus jamais souffrir.

Bientôt, mes larmes furent plus lourdes, alors que je le voyais tenter de se protéger de mes plumes, les bras en croix. Ils avaient les cheveux plus longs que la dernière fois, et cela semblait le gêner, mais je n’en avais cure. Il tentait à présent de suivre mes mouvements, mais n’était ni en rythme, ni assez souple de toute évidence, et pour ma part, je ne pouvais pas lâcher l’affaire. Les plumes de mes ailes et de mes vêtements venaient se loger dans ses membres, frappant les articulations et entaillant sa chaire avec les muscles, je ne devais pas m’arrêter… Ne pouvais pas… m’arrêter. Je voulais qu’il souffre aux mêmes ampleurs que moi, qu’il comprenne que je n’étais pas juste une petite démone avec des ailes bizarres, je voulais qu’il voit en moi l’hybride au cœur brisée que j’étais. Sauf qu’à présent, il tranchait mes plumes avec ses cartes, mais ça ne durerait pas… Il faiblissait, ses gestes étaient imprécis, et le sang commençait à se répandre autour de lui. Je me devais d’achever ma danse pour être sure qu’il comprenne ma douleur, mais achever la danser signifiait sa mort, et j’ignorais si j’étais prête à y faire face. Son lot de cartes commençait à disparaitre, et je parviendrais bientôt à l’achever.

Je continuais de tournoyer autour de lui, mes plumes se plantant sur sa peau avec vitesse, lorsqu’il soupira et prit la parole d’une voix tellement épuisée que j’en fus surprise, et m’arrêtais soudain. Il parla, mais je ne comprenais que très peu ses propos, il disait avoir eut une lourde semaine, mais je ne saisissais pas les raisons, il parla des inquisiteurs, mais je ne comprenais pas pourquoi ils apparaissaient dans son discours. Je cru comprendre qu’il avait approché la mort de très prés durant la semaine, et qu’il n’avait pas recouvré toutes ses forces. Il me demanda alors d’arrêter ma manœuvre, mais je ne le pouvais pas, je ne le voulais pas… Je souffrais trop… trop pour m’arrêtais à présent, trop pour tout stopper sachant que je perdais probablement de ma force vitale en restant sous cette forme. Mais je ne le voulais pas… Je ne voulais pas sombrer de nouveau dans cette étreinte mortelle qu’on appelle l’amour, je ne voulais plus y retourner pour me souvenir de ces craintes quotidiennes et de ces doutes constants. Je ne voulais plus souffrir de savoir si oui, ou non, l’être aimé restera à nos cotés pour mieux disparaitre ensuite ou nous trahir. Je repris donc mes pas de danse, toujours plus rapide, tandis qu’il formait de minces faisceaux rouges avec ses mains et bloquait mes plumes avec la magie que contenaient les cercles. Je continuais de danser, toujours plus vite, toujours plus forte, et lui continuait de m’imiter, se rapprochant inexorablement de moi.

Je ne le vis qu’à peine attraper sa longue chevelure et la lancer vers moi, m’encerclant les chevilles, du moins je m’en rendis compte lorsque mes pas furent entravés par le contact doux de ses cheveux, et que je basculais en arrière dans la neige. Heureusement d’ailleurs que la neige avait recouvert les sols de mes jardins, auquel cas j’aurai écopé d’une violente blessure à l’arrête de la tête. J’étais désormais incapable de bouger, et stupéfaite, alors qu’il venait s’étendre sur moi, attrapant mes bras et les plaquant sur mes ailes pour m’empêcher de bouger, tout en soupirant. Il semblait si éteins à présent, son visage au dessus du mien, son parfum m’enveloppant comme une douce couverture protégeant du froid de l’hiver… Il parla de nouveau, me disant qu’il ne comprenait pas mes actes, et que j’aurais si je devais reproduire ce genre d’idée violente, je me devais de le prévenir au préalable. Le reste se passa très vite… Il parla de vertige, puis sa tête vint heurter mon épaule, alors qu’il disait vouloir exprimer à son tour ses sentiments à mon égard dans un chaste baiser avant de sombrer définitivement. Mon cœur rata un battement alors que ses lèvres étaient toujours posées sur les miennes, mais peu à peu, son corps glissa légèrement sur le coté. J’étais incapable de bouger, et incapable de poursuivre la danse…tandis que je me sentais soudain plus faible, et que mes ailes, ainsi que mes plumes disparaissaient, je vis les blessures que je lui avais causé faire de même, se révélant être que de simples illusions.

Je me retrouvais de nouveau avec cette étrange robe composée de duvet doré, et je pouvais sentir ma chevelure redevenir longue et se nouer avec les fleurs précédentes. C’était comme si rien ne s’était passé, comme s’il était simplement tombé de fatigue sur la reine désespérée que j’étais… Je l’ai alors repoussé sur le coté, me relevant et m’agenouillant contre lui, avant de le récupérer dans mes bras et d’appeler à l’aide. On vint rapidement vers moi, et les Arasi-myo s’emparèrent du corps de celui que j’avais tenté de tuer en cette matinée. Et le reste se passa à une allure à laquelle je ne parvenais pas à m’attacher, je me sentais perdue dans une brume d’incompréhension. On vint déposer Aleksandr dans mes appartements les siens n’étant pas accessible sans son accord – et l’inconscience nous empêchait de l’avoir – où il fut déposé sur mon lit à baldaquin. On apporta un plateau avec de l’hydromel et quelques douceurs pour son réveil, puis, Alice qui était restée avec moi jusque là, me conseilla de me calmer un instant, voir de me détendre dans un bain. La siamoise était persuadée qu’il ne se réveillerait pas avant un moment, et c’était là le fruit de mes inquiétudes. Ainsi, de retour dans la salle d’eau, j’étais victime d’un sentiment que je ne côtoyais que très peu : la culpabilité.

Mon corps baignant dans l’eau brûlante me fit du bien, réchauffant mes membres qui s’étaient retrouvé presque nu lors de la danse du corbeau. Mon cœur se serra à l’idée que j’avais bien faillit mettre en pièce le seul individu pour lequel j’avais ressentis autant d’amour après des siècles de solitude… Incapable de rester plus longtemps dans l’eau, je quittais les bassins de pierres, et me rendais, nue, dans mes appartements, constatant l’inertie de l’incube, toujours inconscient dans mon lit. En passant à ses cotés, je vins me poser contre lui un instant, contemplant son visage si bien dessiné, il avait des allures de Prince si fragile ainsi… sa chevelure rouge sang était désormais si grande, j’ignorais quand cela s’était produit, mais je ne le trouvais que plus magnifique ainsi. Du bout des doigts, j’effleurais sa joue avec douceur, avant de replacer une mèche pourpre sur le coté, et me penchais sur son visage pour déposer à la commissure droite de ses lèvres un baiser léger. J’ignorais comment me faire pardonner cette folie meurtrière qui s’était emparée de moi lors de son arrivée au manoir. Lentement, je quittais les drapés du lit et, toujours nue, me rendait dans mon boudoir, où reposaient mes roses, pour me vêtir d’une fine robe de lin blanche.

J’ignorais le tabouret qui se trouvait devant ma coiffeuse, et me dirigeais directement vers le tapis de rose, sur lequel je m’allongeais sans préavis. C’était depuis quelque temps, devenu mon seul lieu de paix véritable, mon havre. Étendue sur le dos, les jambes repliées de coté, je me sentis envahir par la douce torpeur créer par le parfum des roses sur lesquelles je reposais, et finis par sombrer dans l’inconscience d’un sommeil léger. J’ignore si je rêvais où non, mais quelques caresses se firent sentir sur ma joue, d’abord à peine perceptible, puis bientôt, je pus sentir leur douceur et le parfum de celui qui me les prodiguait. Je finis par m’étirer lentement, avant d’ouvrir les yeux, croisant ainsi les prunelles enflammées de l’incube qui animait mon cœur de battements fougueux. Je me sentis soudain fébrile en sa présence, incapable de dire mot, je tendis simplement la main vers son visage, comme pour m’assurer qu’il était bel et bien là, que je ne l’avais pas rêvé, ni froidement assassiné dans un ballet mortel…

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MessageSujet: Re: Plus qu'un songe parfumé, c'est l'éternité à tes cotés ~ (Feat Aleksandr Ezequiel)   Ven 1 Juil - 22:38




Le ciel est d'or rouge, les collines d'améthyste ; la mer exhale une buée diaphane, qui adoucit chaque contour et irise chaque nuance. ▬ Claude Farrère ; << L'homme qui assassina >>


Spoiler:
 

Et me revoilà inconscient pour la énième fois. Cela arrivait de plus en plus souvent à mon humble avis. Je passais presque autant de temps inconscient que j’en passais à dormir naturellement. Etais-je en train de devenir ce que l’on appelle ‘’vieux’’, une ‘’vieillerie’’ ?
J’avais moins mal que précédemment, mais tout de même, je me sentais complètement vide et épuisé, voire fragile et sans défenses. J’avais horreur de cette sensation, je me sentais aussi faible qu’un nouveau-né humain lambda, comme si n’importe quoi, même la chose la plus bénigne en ce monde pouvait me blesser, me tuer.

Je pouvais malgré tout sentir qu’il y avait du mouvement, des pressions exercées sur mon corps, comme des mains qui me tenaient, qui me soulevaient, et qui me portaient. Mais aucun moyen de savoir pourquoi, dans quel but, et il m’était impossible de me défendre, de bouger ne serait-ce que le petit doigt, d’émettre un grognement. J’étais une misérable petite chose, un bambin ; et cette pensée fit naître un frisson qui vint parcourir toute ma colonne vertébrale, un frisson de dégoût. Mais la seule chose que je pouvais faire, pouvais entendre, c’était l’écho de grognements soupirés par mon fort intérieur et mon inconscient.

Toute cette faiblesse et cette amertume tachaient mon esprit de souvenirs douloureux. J’avais envie de me tordre dans tous les sens, mais mon corps ne voulait pas répondre, c’était frustrant, et en même temps cela me faisait enrager, me donner envie d’hurler, à la fois de colère et de désespoir. Mais c’était impossible, rien ne pouvait sortir de ma bouche, rien ne pouvait sortir de mes pensées ; tout s’accumulait.
Je pouvais sentir que mon corps se faisait déposer sur une surface plutôt douce, le long du dos, mais ma chair était toujours trop lourde, et j’étais toujours incapable de faire réagir ne serait-ce qu’une petite part de ce corps.

Il faisait étrangement noir dans mon esprit, c’était vide, froid, fragile, comme prêt à s’effondrer à tout moment. A un moment, ma joue me piquait, mes cheveux glissait, et brusquement, mes lèvres vinrent me brûler sous un contact familier. Puis je ressentais à nouveau la solitude, le vide. Mais ce vide sombre de mon esprit se mit à se déformer en un tourbillon de cris et d’injures qui poussèrent instinctivement mon corps à enfoncer violemment ses griffes dans la surface moelleuse qui le portait, un grognement sinistre sifflant entre mes lèvres. Je pouvais voir des visages se distinguer dans les ombres qui prenaient une couleur rougeâtre, et je reconnaissais ces visages avec aisances. Ils étaient visiblement en colère après moi, sans grande surprise, mon inconscient avait imprimé chaque visage décomposé dans l’incompréhension et le désespoir des membres de ma famille, détruits entre mes mains et mes mâchoires.
Des cornes explosèrent mon crâne pour venir se planter dans la même surface que mes griffes qui s’allongeaient, tandis que mon corps réagissait instinctivement à la douleur et se tordait.

Les voix s’intensifiaient, leurs mots étaient cinglants, leurs yeux crachaient des pluies de foudres. Le vide continuait de se déformer pour ressembler à une tornade exclusivement composée de visages de défunts tourmentés et tourmenteurs, et le noir de mon esprit fut tint de rouge, par-ci, par-là. Les visages devenaient également rouges. Il y avait du sang qui s’étalait un peu partout, comme le sang qui commençait à couler de mes lèvres jusqu’à mon menton pour ensuite glisser le long de ma gorge alors que mes crocs se distinguaient de plus en plus de mes commissures attaquées par mes dents, à cause de mes mâchoires complètements resserrées sur elles-mêmes.
Tel un éclair, des pupilles bleutées comme des saphirs prirent momentanément tout l’espace de mon esprit. Et aussi vite, je me retrouvais dans mon manoir, en haut des escaliers de pierres et de marbres face à la grande porte d’entrée. Du feu se propageait lentement dans les couloirs, sur les tableaux, sur les plafonds. Du sang dégoulinait à foison sur les murs et les sols, et des morceaux de chair étaient dispersés à tout va et en tous lieux. Des mains coupées et écrasés par terre, des têtes clouées contre les murs, des pieds enfoncés sur les bougeoirs, des intestins et autres tissus pendant aux lustres.
Et des hurlements en tout genre résonnaient de partout à travers les murs. Des questions. Des insultes. Des malédictions. Des supplications. Des pleurs. Et des rires. Des rires impossibles à oublier. Ça se rapprochait. D’un coup, des enfants et de jeunes adultes s’extirpèrent d’un couloir en courant, certains manquant de trébucher, et derrière eux, une grande et sinistre ombre sur le sol. Puis la bête arriva à son tour, remuant ses ailes violemment pour fouetter l’air, la peau sombre et couverte de sang de toute part, la gueule pleine de ce sang, le visage de la bête étant déchiré d’un macabre sourire. J’avais une mine terrible.

Je pouvais seulement me regarder massacrer les membres de ma famille, les déchiquetant sans pitié. Les faisant sombrer dans l’oubli et les abysses sans aucunes formalités. Les vidant de leur sang pour m’y baigner, pour m’en abreuver jusqu’à la dernière goutte. Dévorant la grande majorité des corps, morts ou à vifs. Et plus je me revoyais dévorer chacun des membres de mon ancienne famille, plus je sentais mon véritable estomac crier famine, ma gorge sèche comme un désert, mes mâchoires prisent de crampes sous l’envie d’enfoncer mes crocs dans de la chair fraîche, ma langue avide du goût du sang.
Le massacre prit fin, mais la bête se tourna dans ma direction, pour s’avancer, et me traverser, continuant sa route derrière moi alors qu’elle humait l’air ; je pouvais moi-même ressentir un doux parfum, très attirant, probablement la même odeur que mon souvenir suivait. J’avais si faim. Et instinctivement je me mis également à suivre cette suave senteur.
Traversant les couloirs en feu et en sang de mon manoir, je continuais de suivre la grande ombre de mon corps maudit et infernal pour finalement la voir traverser une porte tel un grand nuage de fumée méphitique. Je me contentais de mon côté de la pousser simplement. Une pièce relativement vide. Mais mon ombre était là, penchée vers un lit, visiblement occupé. Je vins faire de grands pas pour repousser la bête et prendre sa place, et pouvais contempler le corps frêle et endormi de ma mère. Corps sur lequel je vins m’avancer, tendant une main pour venir lui caresser les joues, jusqu’à la réveiller doucement, et la fixer droit dans les yeux.

Etrangement, ma vue commençait à s’obstruer, à devenir floue et anormalement trouble. Le visage de ma mère et ses yeux me paraissaient de plus en plus s’éloigner pour disparaître, et tel un voile, laisser la vérité apparaître. J’avais le visage d’Angelica face au mien, ses yeux ancrés dans mes pupilles enflammées, et une de ses mains se tendait vers mon visage.

 

▬ « A… Aleksandr ? »
Mon cœur manqua un battement qui me poussa à grimacer faiblement, et à me mordre les lèvres suffisamment pour faire couler quelques gouttes de sang. Fichus instincts primaires qui m’ont attirés jusqu’ici sous la faim et la soif. Mon œil gauche se mit à vibrer dans son orbite, et ma paupière à trembler nerveusement, d’elle-même, tandis qu’un grognement profond résonnait dans ma gorge. Ma peau était à vif, c’était horrible, je fus obligé de me reculer pour m’assurer de ne rien toucher ou frôler qui puisse traverser ma peau d’un long frisson. Mes instincts étaient de sortis et j’étais plutôt faible après la semaine que j’ai passé, et ce qu’il s’est passé dans le jardin d’Angelica. D’ailleurs, où sont passées toutes mes blessures ? Je n’avais ni cicatrices, ni crampes, ni douleurs particulières, comme s’il ne s’était finalement rien passé … Une illusion ..? Cela pourrait expliquer pourquoi je me sentais aussi faible malgré la fine et maigre réserve que je m’étais faite la semaine passée sur une inquisitrice et une jeune fille croisée au hasard dans un des parcs de Londres pour éviter de tomber raide à moitié mort dans une rue isolée, seul, ou de faire une crise en pleine rue lors d’un marché et sauter sur de pauvres innocents qui n’ont en aucun cas demandés à se faire dévorer par un incube.

Je détournais le regard, sauf mon œil gauche qui ne voulait pas la lâcher, ma pupille tremblait dans son orbite comme si ce n’était pas mon esprit qui le contrôlait, et qui fixait Angelica ; elle tremblait et se remuait comme si toutes les voix dans mon crâne se battait pour avoir l’ascendant sur cette œil pour littéralement la dévorer du regard. J’avais aussi l’étrange impression qu’il faisait particulièrement froid. Ma gorge était serrée comme si j’étais actuellement et d’un seul coup comme enfermé dans un paysage sous la neige et la glace, bien loin de la chaleur de l’été chez moi, en Espagne. J’avais du mal à respirer, et comme si j’étais réellement dans un lieu gelé, face à mon corps chaud et en feu comme trempé dans un bain de lave, mon souffle laissait s’envoler de la vapeur, de la fumée. Cela pouvait plutôt correspondre à mon engeance démoniaque, même si mon souffle n’avait rien de putride, mais ça collait plutôt bien à un démon, cependant je n’appréciais guère être dans cet état-là … Et donner l’impression que j’allais dévorer celle que j’aime … Encore.
Mais je ne pouvais pas me mentir, je mourrais de faim, et en même temps de froid, et le tout faisait naître en moi un vide immense que toutes ces voix me hurlaient et m’ordonnaient de remplir ; avec elle. D’accord, la manière n’était pas une idée déplaisante, mais la finalité me plaisait nettement moins.

Mais alors que j’étais trop occupé à réfléchir, je n’avais pas remarqué que mon corps s’était hissé sur celui d’Angelica de lui-même, et mes mains plaquaient et retenaient les siennes sur une quantité phénoménale de roses, tandis que mes lèvres venaient pendre sur son cou pour y laisser plusieurs baisers et divers et légers coups de dents. D’un autre côté, mes cornes commençaient à s’allonger et s’étendre pour atteindre leur taille originelle et mes ongles prenaient également leur forme de griffes d’oiseaux, et mes dents devenaient toutes lentement nettement plus pointues, et mes canines plus longues en plus de cela. Je venais rapidement laisser quelques marques sur son cou avant de remonter mes crocs jusqu’à son oreille la plus proche pour m’attaquer à son lobe et m’y acharner longuement, un long grognement grondant dans ma gorge. Et peu à peu, mes lèvres se mirent à déblatérer des choses totalement incompréhensibles, des mots au hasard, et dans le désordre : Il n’y avait aucun sens dans ce que je disais. Ma voix était tremblante et son timbre affamé, suppliant ; et la seule chose qui pouvait vouloir dire quelque chose n’était que quelques mots, se comptant sur les doigts d’une seule main : J’ai faim.
J’avais faim, et mes mâchoires le laissaient savoir à travers des coups de crocs de moins en moins retenus sur son lobe et quelques coups de griffes le long de ses bras par-ci, par-là, et mon corps faisant pression sur le sien, l’écrasant de désirs voraces, morfals et faméliques. Une faim inassouvie depuis des lustres, depuis des décennies, depuis des siècles. Depuis l’instant où je l’ai dévoré elle.

Un lourd grognement s’échappa de ma bouche et je rejetais ma tête en arrière pour ensuite l’élancer droit vers son cou pour le mordre à pleines dents, ne pouvant plus supporter ce vide et cette faim. Cependant, peut-être à cause de cette même faim, ou des nombreuses voix dans ma tête, je ratais ma cible de peu mais ne l’éraflais même pas et enfouissais ma tête droit dans le monticule de roses sur lequel je l’avais trouvé allongé, et je fulminais, prêt à retenter ma chance, avec l’intention de réussir et d’enfoncer violemment mes crocs dans sa peau. Mais le parfum des roses m’en empêcha, me poussant à me demander : « pourquoi des roses ici ? C’est quoi ces roses ? » avant d’en ressortir un peu ma tête pour pouvoir mieux fixer sur quoi je me retrouvais à plaquer Angelica. Ce n’était pas un simple tas de roses, le sol de la pièce en était totalement recouvert, il y en avait juste énormément. Pourtant la pièce n’avait pas l’air si petite, la Reine pouvait s’y étendre totalement et à son aise, et je pouvais l’y rejoindre et ce sans aucun mal, il y avait amplement de la place pour que je puisse me transformer et elle aussi et pourtant sans qu’il n’y ait aucunes parties de nos corps qui ne soient pas posées sur une rose tant il y en avait. Tant de roses rouges entreposées dans une seule pièce dans laquelle je l’eusse retrouvé, allongée, et endormie. S’agissait-il des roses que j’avais volées, dans les nombreux jardins de Londres afin de les déposer sur son chevet une semaine durant, sur lesquelles nous nous retrouvions actuellement ? Je me redressais légèrement pour extirper entièrement ma tête de ces dernières et observais silencieusement toute la pièce, dévisageant les roses une par une, comme si j’étais en train de les compter, de les replacer dans le jardin duquel je les ai séparé sans leurs demander leur avis.

C’était bien les miennes … Elle les a toutes gardées … Elle avait gardé près de 2824 roses rouges et les avait entreposé dans une seule et même pièce dans laquelle elle était venue simplement s’assoupir et se reposer … Elle aurait très bien pu les jeter, les mettre ailleurs, dans différents vases disséminés au hasard dans son manoir, ou dans son jardin, mais elle avait préféré faire ainsi, dans une … Dans un boudoir ? Entre ça et ce qu’elle m’avait dit dans le jardin, il n’y avait plus aucun doute à avoir ; elle ressentait bel et bien quelque chose pour moi … Mon œil troublé l’était beaucoup moins mais continuait de s’efforcer à dévisager Angelica de haut en bas, les intentions qu’il avait à son égard à travers mon corps étant parfaitement visibles, avec une pointe de colère car j’étais trop occupé à m’attarder sur les roses. J’avais faim, froid, et maintenant je culpabilisais. Je poussais un long soupir en me laissant tomber sur elle, prenant une longue et bruyante inspiration ; j’avais l’air bien bête actuellement, j’en étais sûr, c’était obligé. Comment me faire pardonner après cela ? Je secouais faiblement la tête contre elle pour essayer de retrouver mes esprits en partie, mais les voix ne voulaient pas partir complètement, cependant je retrouvais le contrôle de mon œil malgré le fait que celui-ci dégageait toujours les mêmes intentions voraces. Peut-être me sentirais-je mieux si je la laissais voir … Tout savoir. Après tout, si elle désirait m’offrir son cœur, il fallait qu’il me soit pleinement offert ; pas seulement à l’incube qu’elle connaissait, mais à l’incube que j’étais et aussi celui que j’ai été par le passé et que j’étais toujours au fond. Ma vie n’aura plus aucuns secrets pour elle … Mais … Cela va encore me fatiguer et probablement me faire tomber dans l’inconscience … Qu’est-ce que je disais : J’étais de plus en plus inconscient dernièrement !

 

▬ « … Pardonnez-moi … Mais … Je vous aime … »
Je pris une profonde inspiration avant de rapprocher mon visage du sien, tout en la fixant d’un grand regard globuleux afin de créer un lien entre un lien juste avant de venir presser mes lèvres avec douceur contre les siennes, l’invitant à un langoureux et tendre baiser. Et je profitais de ce dernier pour laisser lentement mon énergie s’extirper de mon corps pour se jeter dans le sien, et inviter son esprit à partager une vision avec moi, tandis que je plaquais mes mains sur ses hanches pour les lui agripper. Je continuais de dépenser mon énergie afin de lui en avoir suffisamment insufflé pour laisser notre vision commune qui n’était pour l’heure qu’un simple vide sombre dans lequel nous flottions laisse place à la chambre dans laquelle j’avais l’usage de dormir quand j’avais 9 ans. Une chambre ordonnée, riche et chaude, la parfaite chambre de petit prince. Petit prince étalé par terre, tête coincée entre le sol et les talons de son paternel qui le jugeait du regard, tandis qu’il faisait trébucher l’une des deux servantes qu’il m’avait attitré vers moi en m’ordonnant de me nourrir, alors que je n’avais de cesse de lui répondre en pleurant que je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire par-là.
Suite à cela, tout s’enchaîna extrêmement vite. Des coups commencèrent à pleuvoir sur mon corps jeune et frêle. Ce même corps qui prit l’apparence d’un grand et séduisant démon ; démon qui finit par réduire en charpie et en pièces celui qui venait de malmener. Démon qui sortit de la chambre pour se promener dans les couloirs et faire couler le sang à flot, le sang de sa propre famille, dans les cris, les larmes, et le feu qui se propagea rapidement dans toute la demeure. La chair de mes oncles, cousins, grands-parents, et de tous les autres en bouches, leur sang baignant ma gorge d’une texture douce et exquise, l’odeur de la mort chatouillant mes narines, leurs supplications amusant mes oreilles. Des femmes, des hommes, des enfants, des anciens par dizaines. Puis la cinquantaine de morts fut atteinte, et très rapidement, on atteignait la centaine car la famille était au complète, et nombreuse. Et lorsqu’il ne restait plus personne, lorsque les tapis, peintures et tapisseries brûlaient avec les amas de chair qui restaient des cadavres informes et dévorés, que les murs et les plafonds, sols étaient tapissés de sang frais et impure, de sadisme et de folie ; il ne restait plus qu’une personne qui était beaucoup trop faible pour se lever de son lit. Elle. Sa chambre fut rapidement rejointe, et très vite, la bête se jetait sur sa proie et faisait d’elle sienne, de toute part, assaillant son être de l’intérieur aussi bien physiquement que psychiquement, l’épuisant jusqu’à la mort, son dernier souffle, aspirant sa vie comme l’on mange une confiserie, et arrachant sa peau, ses muscles de ses os, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une large étendue de sang frais imprégnée dans les draps déchirés de son lit, car rien d’elle il ne restait, pas même un œil, pas même un os, pas même un ongle, pas même un cheveu. Rien que des taches de sang abandonnées sous la sauvagerie d’un enfant fou que l’on força et poussa à franchir la ligne qui délimite le domaine des humains et celui auquel il appartenait depuis le début, celui des démons, et il emporta absolument tout avec lui. Il resta quelques années dans les ruines à se nourrir des personnes insouciantes qui s’approchaient de la demeure meurtrie. Puis il commença à parcourir l’Espagne. Puis s’en alla en Europe où il fut capturé à 21 ans par l’Inquisition qui le fit déporter au Vatican où il resta 70 ans avant de s’enfuir et d’écumer à nouveau l’Europe et le reste du monde, et ce, jusqu’à aujourd’hui, guidé par la solitude, la culpabilité, la faim, et la débauche. Elle put également voir l’embuscade des inquisiteurs que j’ai eu à subir cette semaine, embuscade durant laquelle j’ai bien failli y passer à cause d’un ange. Mais je m’étais relevé, et j’ai réussi à fuir. Car aujourd’hui, il y avait autre chose, il y avait quelqu’un. Il y avait Angelica depuis quelques jours, et elle avait réussi à apporter des changements soudains du haut de mes 475 ans … Elle m’avait exprimé plus de choses que n’importe qui depuis que je m’étais retrouvé seul, cette nuit-là.

Et maintenant, j’étais étalé sur elle, à nouveau inconscient mais nettement plus calme et désormais apaisé, loin d’être à deux doigts de lui sauter au cou pour la dévorer sans sommations, les vêtements à moitié déchirés, et maintenant trop grands pour moi, car pendant la vision que je lui avais apporté au long d’un interminable baiser langoureux, à force de lui céder mon énergie pour maintenir l’illusion ouverte sur mes souvenirs et sur ma vie comme une fenêtre, mon corps avait pris son apparence de petit garçon albinos aux longs cheveux blancs comme la soie, aux yeux rouges sang, aux fines ailes dans le dos, aux petites canines tel un jeune vampire, et de toutes petites griffes ; l’attirail d’un petit animal, de quoi se défendre face aux petites choses mais rien de quoi blesser une bête plus grosse. Mais un petit sourire serein couvrait mes lèvres, malgré le sang qui coulait légèrement de ses dernières à cause de ma blancheur avancée et intensifiée par mon état faible suite à ma crise et des morsures dont je les avais incombées plus tôt à plusieurs reprises.
Mais lorsque je rouvrais les yeux, j’étais dans une chambre que je n’arrivais pas réellement à reconnaître à cause de la fatigue et de mon état faible, et qui plus est, il faisait particulièrement noir, on devait être au début voire presque au milieu de la nuit. Je baissais le regard et je pouvais constater que j’étais encore sous ma forme enfantine, puis, je tournais faiblement la tête pour voir si j’étais seul ou non, mais c’était difficile dans le noir, les yeux seulement entre-ouverts.

 

▬ « Hé … Y a quelqu’un ..? »


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Plus qu'un songe parfumé, c'est l'éternité à tes cotés ~ (Feat Aleksandr Ezequiel)

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