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 Test codage

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Date d'inscription : 22/06/2016

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MessageSujet: Test codage   Ven 2 Fév - 1:40




L’espoir…

C’est un pouvoir très puissant que de continuer d’espérer… Bravant monts et plaine, refus et colère, jalousie et politique… L’espoir se place, au même titre que l’amour, au-dessus de tout. Ma mère autrefois me l’avait dit mais, ma fierté, peut-être, m’avait fait repousser ses idées. Je lui avais fièrement annoncée être plus proche de la nature de mon père que de la sienne, pourtant… Aujourd’hui, alors que j’étais étendue sur mon tapis de rose, je me sentais comme elle… Fébrile, dans l’attente, et gorgée d’espoir. J’avais eus la confirmation que mon inconnu aux bouquets de rose n’était autre que celui que j’attendais… Cet incube dont la rencontre plus que fortuite, m’avait marqué au fer sur toute la présence de mon âme. Aleksandr Dante Ezequiel, ce prince espagnol à la chevelure ébène couverte de reflets pourpres… Cet individu qui, malgré moi, avait maitrisé ma forme complète sans que je ne veuille détruire le monde entier… Il m’avait dompté là où je me craignais moi-même… Il m’avait rendue douce, aimante, avait éloigné la violence qui me serrait les entrailles depuis presque quatre cent ans.

Il était mon espoir… Mon amour…

Perdue dans l’inconscience, je me souvenais encore de ce baiser qu’il m’avait offert après avoir tenté de retirer le venin du scorpion de ma cheville. Du contact de ses lèvres sur les miennes, de la caresse de sa chevelure tiède sur mon visage, de son parfum et de sa chaleur. Je m’étais totalement immergée dans sa présence, et cette présence était devenue plus forte après nos ébats… Plus encore, il avait marqué son nom dans ma chair, et je ne m’étais rendue compte que trop tard que j’étais devenue sienne. Je ne pouvais penser à un autre mâle que lui sans me sentir souillée… Pire encore, Rindo, que je tolérais jusqu’à lors, m’avait littéralement violée… Je m’étais débattue, mais mon contrat avec lui avait retenu mes coups, et j’avais dû vivre cet enfer immonde… Si la luxure était quelque chose dont j’étais friande autrefois, je ne supportais plus l’idée même de partager mon être avec quelqu’un d’autre que l’incube. Je voulais m’offrir toute entière, et c’était probablement la raison pour laquelle je l’avais attaqué sans vraiment en avoir conscience.

Il m’avait privé de liberté sans que je ne puisse rien y changer. Prisonnière de mon cœur, prisonnière de mon âme lunaire. Les enfants de la lune, les lunatiques, ces jeunes lorialets insouciants que nous étions, nous ne pouvions aimer qu’un seul être pour l’éternité. Nous étions condamnés… Mais je me pensais à l’abri, je pensais que ma nature féline et volage me permettrait d’échapper à cela. Je me trompais sans l’ombre d’un doute… J’aurais dû le savoir en contemplant les siamoises, Alice et Marsha avait trouvé leurs époux et leur loyauté était sans faille à travers l’amour mutuel qu’ils se portaient. Les chats n’étaient pas plus volages que les autres, ils l’étaient juste plus longtemps… Et j’en avais la preuve aujourd’hui… Plus de six siècles, et me voilà enchainée à cet être que je ne connaissais que depuis sept jours… Et pourtant, rien que sa pensée faisait naitre en moi des centaines de millions de papillons voletant… Je me sentais euphorique… et… désespérée à la fois… Car j’avais désormais, et plus que tout, besoin de lui…

C’était là ma triste constatation. S’il demandait l’éternité à mes côtés par le biais de ses fleurs, d’autres complications venaient se mêler à ce cortège d’émotions. Le plus important, avant toute chose, était que je l’avais mis en danger par ma colère d’être, finalement, vulnérable comme toutes ces femmes qui, en attente du prince charmant, laisse battre leur cœur ardemment. Je l’aimais à m’en damner, et aujourd’hui, je comprenais dans quelle situation terrible s’était retrouvée celle qui m’avait mise au monde lorsqu’on lui avait demandé, pour l’absoudre de ses péchés, de quel démon elle s’était éprise afin de l’occire. Moi-même, à présent, je comprenais sa réaction. Un silence éternel pour l’être aimé, un silence qui le sauva du courroux céleste. Un silence que je serais moi aussi prête à offrir. Mais ce n’était hélas, pas la seule gêne qui me forçait à me plonger ainsi dans mes pensées et autant réfléchir. J’avais d’ors et déjà pu constater qu’il était ma faiblesse la plus importante avec Alois, mon héritier, et en cela, le pire était à craindre de nouveau. Car si mon cœur et mon âme appartenait désormais en tout bien tout honneur à Aleksandr… Mon corps lui… Etait la propriété d’un autre… Malgré moi…

J’appartenais à Rindo.

Les yeux toujours clos, les mains reposant sur mon buste, je savais que sur le dessus de celle de droite, se trouvait ce sceau maudit. Le sceau de David… Ce pacte qui me liait à cette ordure… Ce pacte que je ne pouvais rompre sans un plan au préalable, sans aide extérieure et puissante… En vérité, il y avait tant de chose à faire pour pouvoir me libérer de cette âme… Car je savais que le tuer me serait impossible, même en risquant toutes mes armées. Un démon supérieur, probablement affilié aux maitres des enfers. Toutes les craintes du monde étaient à prévoir, à ressentir, pour tirailler mon être. Je n’avais pas de solution, et pourtant, je devrais en trouver une, je le savais… Pour la simple et bonne raison que je ne pouvais rester ainsi, et plus encore, si Aleksandr ou Rindo apprenait l’existence de l’autre, s’en suivrait un combat que je ne saurais voir. Je me fichais de connaitre l’issue d’une telle rencontre, je ne voulais pas même que Rindo puisse poser ses yeux sales sur ma moitié. Il devait disparaitre, même si j’ignorais encore comment… Je trouverais bien un moyen… De même que je saurais faire payer à cette chère Victoria cette traitrise à mon encontre… On ne riait pas impunément de ma personne !

Mes paupières toujours closes, c’est un parfum familier qui me sortit lentement de ma torpeur, mais bientôt, à cette odeur si agréable vint se mêler une caresse. Une présence chaude s’étendit sur mon corps, et j’ouvris les yeux lentement, croisant ainsi deux prunelles flamboyante. Mon hésitation dans la prononciation de son nom n’était pas liée au doute de son identité, mais bien sur la compréhension de sa gestuelle. Il avait l’air si perdu… J’avais alors tendu la main vers lui, celle qui était exemptée de tout sceau maudit, mais la seule réponse que j’avais reçu, était un gémissement plaintif. Il avait mordu ses lèvres jusqu’au sang, faisant perler le liquide carmin jusqu’aux miennes avant de se reculer lentement tout en laissant s’échapper un grognement sourd du fond de sa gorge. Dans son mouvement, je l’avais légèrement suivi, me redressant sur les coudes afin de le suivre du regard et de pouvoir me tenir relevée. Son œil gauche semblait me fixer, tremblant comme une feuille sur sa branche au mois d’Octobre. Je l’entendais d’ailleurs respirer avec difficulté ce qui m’inquiétait d’avantage, et je l’appelais de nouveau d’une voix douce… Sans réponse de sa part.

Il s’allongea sur moi sans que je ne puisse rien y faire, maitrisant mes mains et les plaquant de part et d’autre de mon visage sur les roses que j’avais étendue dans le boudoir. Je pouvais désormais sentir sa bouche venir butiner mon cou pâle, l’embrassant et le mordillant. Il m’écrasait presque en reprenant sa forme originelle d’incube, ses cornes s’allongeaient et je pouvais sentir ses griffes venir se planter sur mes poignets. Pourtant, ainsi écrasée sous son poids, je le voyais toujours tel qu’il était à mes yeux, beau, magnifique, merveilleux, semblable à un dieu, créature d’une beauté sans pareille qui faisait battre mon cœur à la vitesse du son. Ses crocs devinrent plus pointus et s’acharnèrent alors à me tirer des gémissements tandis qu’ils remontaient jusqu’à mon oreille féline pour me martyriser. Je l’entendais parler, sans pourtant être capable de comprendre le sens de ses paroles, et l’envie qui l’avait saisi commençait naturellement à venir étreindre mes reins. Son timbre rauque et chaud, tremblant de désir et d’extase, faisait vibrer mon souffle contre son épaule, alors qu’il s’acharnait de plus en plus sur mon oreille.

Je ne pouvais rien dire, rien faire, et le désir qu’il avait fait naitre en moi se changeait peu à peu en douleur alors que je pouvais sentir mon sang s’écouler de ses morsures voraces. Il rejeta sa tête en arrière, et pendant l’espace d’une seconde, je crus qu’il allait mordre violemment ma gorge tel un vampire pour ne laisser plus rien de ma jugulaire… Mais au lieu de cela, ses crocs s’enfoncèrent dans le matelas de roses que j’avais créé à partir des siennes. Il releva alors lentement la tête, et je su qu’il s’était perdu dans sa contemplation. Les secondes s’écoulèrent alors sans que rien ne se passe, sans que ses yeux ne quittent les roses et la pièce. Il semblait chercher une explication, perdu dans ses pensées, son esprit. L’œil vagabond était toujours posé sur moi, et je ne parvenais hélas pas à saisir les émotions qui allaient et venaient dans cette iris carmine. Il y avait trop de sentiment, et j’étais enivrée par son parfum puissant et suave. J’allais lui demander si, à présent qu’il était calme, il pouvait me relâcher, mais je n’en fus pas capable, car son torse revint écraser ma poitrine tandis qu’il reprenait son souffle et que je perdais le mien sous son poids imprévu.

Puis, il prononça encore ces quelques mots, ces mots si puissants qu’ils avaient de Troie une ville assiégée, à feu et à sang. Je vous aime… Une émotion qui, par le biais de ces trois petits mots, prenait alors une puissance et un pouvoir que même la mort ne pouvait contrer. Et par cette phrase, il captura mon regard, puis mes lèvres. Et si mon corps ressentait avec lui cette passion, cette envie, nos esprits désormais mêlés n’étaient dans le boudoir de rose. Je pouvais toujours sentir sa langue jouer avec la mienne, ses mains acérées agrippant mes hanches et y apportant une chaleur agréable, ou son corps écrasant le mien en apportant cette étrange sensation de bien-être sécuritaire. Mais ma vue n’était plus dans cette pièce. Et il me fallut quelques secondes pour comprendre qu’il avait usé d’hypnose afin de me laisser voir ce que je voyais à présent. Nous flottions dans cette eau noire, ma robe de soie évoluant autour de moi comme prise par les algues invisibles d’un subconscient perdu. Il était à mes côtés, et malgré la connaissance d’un partage de vue, je savais qu’il était épuisé. Je pouvais sentir cet épuisement comme s’il était mien, sachant que son énergie propre coulait dans mes veines.

Tel un théâtre cependant, le noir se mua en diverses formes, prenant bientôt m’apparence d’une chambre royale… Elle était bien rangée, riche et ornementée… Mais il y avait quelque chose qui me gênait profondément dans ce décor. C’était la scène immonde qui se déroulait sous mes yeux. Je reconnaissais cet enfant, cet incube… si jeune… Sous le pied infâme d’un homme haut et pourtant tout aussi riche. L’adulte démoniaque rageait férocement, amenant une pauvre servante vers l’enfant en la faisant trébucher et hurlant sur ce dernier qu’il allait se nourrir, tandis que l’enfant, innocent, ignorait le sens de ces propos. Je fixais la scène sans détournais le regard, mais deux émotions extrêmement forte prirent place dans mon regard, je le savais. De la tendresse et de la compassion à l’égard de l’incube qui faisait battre mon cœur malgré sa forme enfantine devant moi… Et de la haine envers celui qui l’obligeait à se terrer sur le sol, sous ce pied sale et dégoutant. Je comprenais bien que nous étions dans un souvenir, pourtant, l’envie d’arracher tout ce qui faisait de l’incube adulte ce qu’il était me crispait les doigts.

Puis, l’irréparable se produisit. L’être abject se mit à frapper l’enfant, et malgré moi, malgré cette illusion mémorielle, j’ai pu sentir mes propres griffes se déployer, et les larmes couler de mes yeux. J’étais tendue au possible, et je serrais les dents. Il ne servait à rien de bouger, je le savais, pourtant, tout mon corps voulait se propulser sur cette scène macabre et étriper l’ordure qui osait faire ça à un enfant, son enfant. À mes yeux, rien ne servait de forcer une âme, elle allait à son rythme, avec précaution ou rapidité, chacun avait sa manière d’agir, et forcer ainsi l’allure ne faisait que créer des drames, des traumatismes. Je clignais cependant des yeux lorsque l’enfant se redressa en prenant l’apparence de l’incube que je connaissais déjà, pour ensuite défendre ses droits de la manière la plus violente qui soit… Oui… Un traumatisme… Tandis que nous suivions cet incube haineux et blessé dans toute la demeure, recouvrant les murs du sang de ses tyrans. Je ne pouvais que le comprendre, tant de douleur accablante et sourde qu’il devait retenir depuis des années… Un trop plein qu’il se devait d’évacuer… Tous les habitants de la demeure y passèrent sans exception, indiscernable parmi les fautifs de cette douleur…

Mais il ne les dévorait pas comme un incube… Non… Il les détruisait purement et simplement, arrachant, massacrant, et buvant le sang de ceux qui l’avaient persécuté toutes ces années. Si je n’avais pas été un songe avec lui, perdu dans ses souvenirs, nul doute alors qu’il m’aurait réservé le même sort, aveuglé par sa folie. Il rejoignit ensuite une chambre, vivement, où se trouvait une très belle femme, bien que clairement malade, fragile, lasse de sa vie. Elle ne put rien faire si ce n’est subir sa puissance et sa colère. Il la dévora des deux façons, et sans sommation, sans que rien ne reste d’elle si ce n’est du sang sur les draps qu’elle occupait plus tôt. Mais suite à ce massacre, seul le silence et l’errance prirent part à la vie de l’être qui se trouvait à mes côtés, revivant avec moi, les cauchemars qui composaient son passé. Tel une âme égarée, il vivait dans les ruines de la demeure qui avait été sienne, se nourrissant lorsque des braves et insouciant se perdaient dans les alentours. Puis, le décor changea, il changea, se perdant plus loin que les ruines, dans ce pays chaud qu’était l’Espagne. Puis, lorsque son propre pays ne suffit plus, il voyagea en Europe, peu de temps cependant, puisque l’Inquisition se saisit de lui alors qu’il était à peine adulte.

Je pus voir les nombreuses tortures que le Vatican lui fit subir, jusqu’à ce qu’il parvienne à s’échapper de nouveau, retrouvant les loisirs du voyage. Je pus même me revoir, jeune, étudiant les nombreux préceptes que me tendaient ma nourrice, dans ma Finlande natale. Le paysage bougea de nouveau, il ne semblait pas se rattacher au monde, écumant les lieux, cherchant quelque chose que jamais il ne parvenait à trouver. Je nous revis, dans cette chambre royale qu’avait copié Victoria dans d’autres tons que les miens, nos idées, nos jeux, nos ébats… Le début de mes sentiments puis des siens… Cette semaine qu’il avait passé dans les rues, cherchant les roses qu’il voulait m’offrir, ma nouvelle couturière, mais aussi l’embuscade des inquisiteurs, cet ange qui avait failli lui couter la vie. Puis sa fuite, et son arrivée dans mon manoir, tôt ce matin, notre combat… Bonté gracieuse, j’aurais pu le tuer s’il ne m’avait pas arrêté et calmé avec ses mots… Et enfin, son état de maintenant après ce réveil probablement épuisant. Le songe cessa alors, et ma vue reprit ses droits en me rapportant de nouveau la réalité.

Le poids qu’il représentait sur moi s’était allégé, il avait rajeuni, comme lors de notre première rencontre, et cette apparence frêle et enfantine me fit fondre, car c’était un rappel des tortures qu’il avait vécu et avait désiré me montrer. Sa respiration était calme, régulière, et ses yeux clos… Il dormait, épuisé, ou peut-être s’était-il évanouis… Mais je savais, à l’expression de son visage paisible, qu’il allait un peu mieux que lorsqu’il m’avait rejoint dans le boudoir. Je soupirais longuement, des larmes avaient perlés aux coins de mes yeux à cause de la vision dans laquelle il m’avait tiré, et ne sachant que faire pour l’instant, je me saisissais de son corps enfantin pour le rapprocher de moi. Je ne bougeais plus alors, embrassant simplement la chevelure neige avant de resserrer mon étreinte sur lui, sa tête reposant contre mes seins. Il était à bout, et à son réveil, il aurait besoin de se nourrir rapidement… Mais c’était un incube, pas n’importe quel démon… Et il était totalement hors de question que ce soit de nouveau Emiko qui le nourrisse d’un baiser. Oui, même avec ce que je venais de voir, je refusais que quiconque ne le touche…

Mon cœur et mon âme l’avait choisi, peut-être même le destin me l’avait-il choisi, mais je partais désormais du principe que je me devais de le nourrir… Et oui, j’étais jalouse… Et possessive, mais qu’importe… De nouveau, je soupirais avant d’embrasser son front et de me relever, l’emportant avec moi doucement. Presque nue, je pouvais sentir que la chaleur qu’il dégageait par envie quelques minutes, ou quelques heures plus tôt, était totalement disparue. Il était froid… Glacé, épuisé… Cependant, cette apparence enfantine m’empêchait de le nourrir pour le moment, je ne pouvais pas… Pas avec les enfants… Impossible, à mes yeux, c’était contre nature… Finalement, je me suis dirigée vers la chambre qui était mienne, dans la pénombre, car les rideaux ne laissaient presque plus passer de lumière, et que le soleil se couchait à présent. D’une main, je tenais celui qui avait passé 6 nuits à récupérer je ne sais combien de roses, et de l’autre, je repoussais les rideaux de mousseline de mon baldaquin doucement. Je déposais alors mon fardeau sur le lit, le recouvrant de fourrure d’hermine avec tendresse. Je cherchais toujours quoi faire, lorsque, en embrassant une nouvelle fois son front, je su quelles seraient mes options.

J’enfilais une longue robe de chambre en velours avant de quitter la pièce lentement, pour ne pas faire de bruit, et me dirigeait comme je le pouvais dans les longs couloirs de cette imitation du palais de Turku… Imitation… Et dire que personne ne s’était posé la question sur l’apparition d’un palais en moins d’un mois… Les anglais étaient tristes… J’avais demandé aux félins magiques d’utiliser l’un de leur plus puissant cercle afin d’ouvrir une brèche sur cette zone, et ainsi me permettre l’accès à mon château des loisirs… Oui, le palais était à la fois ici, en Angleterre, et chez moi, en Finlande… Cela expliquait d’ailleurs pourquoi la température était différente lorsque l’on passait le portail des grands jardins, pourquoi il neigeait toujours ici et pas à l’extérieur, ou encore pourquoi le palais semblait sortir d’un conte de fée. Ainsi, je cherchais parmi ces couloirs magiques, le chemin de mes entrepôts, ce chemin qui ne menait à rien, si ce n’est un immense mur de granit doré… Avec en son centre, une serrure d’or dont je gardais la clef. Je dû bien mettre une vingtaine de minutes avant de parvenir à l’endroit prévu, peut-être plus sachant que je m’étais perdue entre la première et la seconde tour.

Alors, face à ce mur immense, je récupérais la clef, accrochée à mon cou par une longue chaine d’or. C’était en apparence, un croissant de lune opalin, mais il me suffisait de l’approcher de la serrure pour que ce dernier ne prenne une nouvelle forme. Celle d’une clef d’or avec de nombreux entrelacs autour du croissant de lune, qui s’avérait être un véritable joyau lumineux. J’insérais ainsi la clef dans la serrure qui composait la seule imperfection du mur, et une série de son métallique s’en suivit, avant que le mur ne se sectionne en deux pans bien distinct et commence à les écarter, telles deux portes massive de pierre. J’avais trouvé la solution la plus adéquat pour nourrir celui qui correspondait clairement à ma moitié. J’allais moi-même me nourrir d’âme, forcer une surdose d’énergie afin qu’il puisse se servir sur ma personne, quant à la transmission malgré sa forme enfantine, je savais déjà quels effets avaient sur moi deux âmes puissantes… Alors 6… Je risquais cependant de perturber bon nombre de personnes avec cela… Mais je n’avais pas d’autre idée… De plus… Cette forme me mettrait à l’abri d’une visite opportune.

Un nuage de poussière fut soulevé lorsque le bruit sourd de la remise en place des portes dans leur socle se fit, et j’entrais alors dans l’immense pièce qui ressemblait à un débarras encombré et magique. Partout où je posais les yeux, je pouvais sentir la magie, voir l’opulence des ouvrages magiques, la puissance des artefacts légendaires et perdus… Depuis peu d’ailleurs, c’était ajouté à ma collection Laevateen, l’arme des anges, pourfendeuse du malin et de ses sujets. Mais si cette lame était puissante, elle ne valait pas, à mes yeux, le joyau même de ma collection… Dire que cela faisait presque cinquante ans qu’ils étaient en ma possession, je n’en revenais toujours pas… Les cristaux de l’arc-en-ciel. Ces pierres précieuses qui, selon les légendes, renfermaient les douze plus grands Dieux que les mondes aient connus, ceux qui avaient engendrés le Dieu unique et le Diable… Si au début, je les prenais pour de simples pierres merveilleuses et pleines de fantaisies, il m’avait suffi de les voir, de sentir leur puissance, pour comprendre que ce n’était pas quelque chose à prendre à la légère… L’obsidienne à elle seule suffisait pour donner l’impression d’être aux enfers et de faire face à tous ses habitants.

Je lançais un regard vers les pierres, avant de me diriger dans l’allée des âmes. Il me suffisait d’en choisir 6, trois anges, et trois fées, pour leur puissance et leur dévouement. Me saisissant des flacons colorés, je les glissais dans un petit coffret de bois et les emportais avec moi dans les étages. L’entrepôt se referma à la seconde où je quittais la pièce, et un nouveau nuage de poussière voleta. Je passais dans les appartement d’Alois, pour le prévenir de ne pas m’attendre pour le diner, et de profiter de la soirée, que nous nous retrouverions au matin, pour le petit déjeuner. Il acquiesça, avant de me souhaiter bonne chance avec mon prétendant, et de partir, guilleret, vers les trois fileuses, pour récupérer sa nouvelle chemise. Pour ma part, je savais que j’allais avoir besoin d’un nouveau bain, afin de me détendre, et d’accepter la puissance que j’allais posséder jusqu’au réveil d’Aleksandr. Le pauvre allait surement avoir du mal à me reconnaitre aux premiers abords, moi-même, la première fois que j’avais pris des doses plus importantes afin de faire face à un ennemi, j’avais eus du mal à contenir la puissance, l’énergie, et surtout, ma surprise…

*****

Les yeux clos, je somnolais aux cotés de l’enfant qui n’était autre que l’incube faisant battre mon cœur avec ardeur. J’avais dû me mettre aux pieds du lit et former un angle pour l’entourer, cependant, je ne pouvais trop m’approcher par crainte de l’éveiller par ma présence. Je ne bougeais donc pas, attendant un mouvement de sa part. Les heures défilaient, sans que rien ne vienne ainsi troubler son inconscience, du moins, jusqu’à la moitié de la nuit. Car c’est aux alentours des quatre heures du matin, qu’un mouvement saisit la fourrure. Il battit d’abord des paupières, lentement, comme cherchant à se souvenir de ce qu’il s’était passé, avant que sa voix, rendue fragile par cette forme enfantine, ne s’élève dans la pièce, quémandant une réponse. Il essayait de savoir s’il était seul… Dans un soupir, je dévoilais ma présence, sans me montrer tout de suite cependant. Je ne voulais pas le surprendre immédiatement par cette forme étrange qui était devenue mienne après l’ingestion des six âmes.

« Je suis là… Aleksandr… Ne craignez rien, je ne vous attaquerai plus… » Je poussais un long soupir, même ma voix semblait différente, plus sauvage, plus… magique aussi… « J’ai pris la liberté de me nourrir de manière surnaturelle afin de pouvoir restaurer votre énergie rapidement… Non pas que l’apparence enfantine me gêne, mais quelques peu… » De nouveau, un soupir, alors que je m’étirais lentement, avant de me redresser pour me dévoiler. « J’espère ne pas trop vous surprendre… » Ma voix timide devait pourtant bien illustrer mes doutes.

Je me dévoilais alors, me redressant et déployant les trois paires d’ailes à plumes que j’avais obtenues. Ces trois paires une fois ouverte, semblaient créer une étrange lumière dorée issue de leurs plumes immaculées, tandis que des armatures de cristaux noirs les maintenaient raide sur mes épaules et autour de mon cou par de larges bijoux. Je savais que mes oreilles étaient devenues bien plus longues, et surtout, que ma crinière brillait du même éclat que les plumes, douce et soyeuse. J’étais par ailleurs couvertes de symboles luminescent, propres aux fées, sur la peau, alternant par diverses couleurs chatoyantes. De même, mes yeux n’étaient plus dorés, mais laissaient entrevoir diverses couleurs célestes. Ma queue était bien plus longue et duveteuse, et surtout, malgré cette forme, j’avais toujours une taille normale. Hormis la largeur changée par l’envergure des ailes. Mes griffes, certes toujours bien longues, étaient faire d’or et de cristal. Je ne portais alors que la fine robe translucide que je portais plus tôt, lorsqu’il m’avait attaqué dans le boudoir, mais le plus impressionnant, n’était pas toute ces transformations. Non…

Il faisait totalement noir dans la pièce, rideaux tirés, pourtant, une lumière douce et apaisante trônait en son centre. Moi. Et l’énergie qui se déployait naturellement autour de mon corps changé, faisant fleurir les cadres du lit et rendant à l’incube ce qui lui manquait tant. Peu de créatures se permettaient de manger autant, déjà, parce qu’ils étaient dans l’incapacité de le faire, mais la découverte que j’avais faite m’avais permise de comprendre comment Lucifer faisait pour posséder autant de puissance brute et magique à la fois. Car à ce stade, avec six âmes contenues en mon sein, je savais que je n’étais plus juste l’hybride d’un ange pacificateur et d’un démon contractant… J’étais proche d’un archange et d’un maître des enfers… Une créature sans nom… Et dont la puissance nécessitait d’être partagée avant l’implosion. Je me raclais quelque peu la gorge, avant de me mettre sur les genoux à ses côtés, n’osant cependant pas le toucher par crainte d’un effet inconnu.

« Lorsque vous aurez retrouvé votre forme adulte, vous pourrez vous ressourcer plus… naturellement… » Oui, parce que je lui transmettais de l’énergie tel un rayon de soleil, et que ce devait être très bizarre… « Et ensuite… nous pourrions… peut-être… discuter… ? » Je ne me sentais pas à l’aise dans ce corps…


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